Avec le recul de 10 000 numéros consacrés à l'actualité de la santé, la gestion du temps politique me semble une question essentielle ! Il faut au moins dix années pour qu'une mesure décidée soit acceptée et intégrée par le monde médical. Quelques exemples… En 1981, François Mitterrand propose dans son programme la création de centres de santé intégrés. Hurlements du monde médical au nom de la liberté. Maintenant, les maisons de santé, prolongement de ces centres, sont plébiscitées par les jeunes et moins jeunes médecins. L'émergence des forfaits fut condamnée par les médecins au nom de l'exercice libéral basé sur le paiement à l'acte. Maintenant, les forfaits représentent environ 15 % de la rémunération des MG et les syndicats se battent régulièrement pour leur revalorisation. Le tiers payant généralisé institué par la loi de 2016 a donné lieu à des bagarres homériques. Maintenant, il se développe naturellement avec notamment le 100 % santé. Et récemment, des syndicats de professionnels libéraux ont signé avec les complémentaires et les éditeurs de logiciels un protocole de mise en œuvre. Trois exemples qui montrent la difficile maturation des réformes sanitaires.
Si on se projette, la montée en puissance du numérique et de l'IA est un enjeu majeur. Comment concilier le progrès et l'humanisme, socle de notre pratique médicale ? Le colloque singulier entre le médecin et le patient est le fondement de notre exercice. Comment le conserver face aux « machines intelligentes » ? Rendez-vous dans 10 000 numéros !
Article précédent
Frédéric Valletoux, député Horizons, ancien patron de la FHF : « Une crise de sens s'est installée chez les soignants »
Article suivant
Dr François Braun, ancien ministre de la Santé et de la Prévention : « Mieux organiser les soins non programmés »
Pr Sébastien Czernichow, médecin nutritionniste (AP-HP) : « La médecine de l’obésité, c'est une révolution des pratiques en nutrition »
Pr Michel Tsimaratos, directeur scientifique à l'Agence de la biomédecine : « 10 000, c'est aussi le nombre de personnes qui attendent aujourd'hui une greffe d'organe »
Pr Agnès Buzyn, ancienne ministre des Solidarités et de la Santé : « Concevoir la santé comme un bien public mondial »
Dr Michel Chassang, président de la CSMF de 2002 à 2013 : « La haute administration a rivalisé d’idées funestes »
Frédéric Valletoux, député Horizons, ancien patron de la FHF : « Une crise de sens s'est installée chez les soignants »
Dr Claude Pigement, ancien responsable santé au Parti socialiste, ex-vice-président de l'ANSM : « La difficile maturation des réformes sanitaires »
Dr François Braun, ancien ministre de la Santé et de la Prévention : « Mieux organiser les soins non programmés »
Laurence Comte-Arassus, présidente du Snitem : « L’innovation, une constante depuis 50 ans »
Aurélien Rousseau, ministre de la Santé et de la Prévention : « Parmi les nombreux défis à relever, le principal est sûrement celui de la confiance »
Pr Jean-François Delfraissy, immunologiste spécialiste du VIH : « La frontière entre maladies transmissibles et chroniques doit progressivement disparaître »
Dr Gaétan Casanova, ancien président de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni) : « Au vide a succédé la gesticulation »
Pr Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave-Roussy : « Les progrès accomplis en oncologie renforcent la détermination de guérir le cancer au XXIe siècle »
Pr Lionel Collet, président de la Haute Autorité de santé : « Je retiens le nombre de maladies totalement incurables qui ont des réponses aujourd’hui »
Dr Anne Geffroy-Wernet, présidente du Snphare : « Il y a urgence à restaurer l'attractivité des PH »
Pr René Frydman, gynécologue-obstétricien, pionnier de l'AMP en France : « Améliorer le traitement de l'infertilité et définir les limites éthiques qui s'imposent »
Gérard Raymond, président de France Assos Santé : « La plus grande découverte du XXIe siècle, c’est le patient »
Pr Alain Fischer, immunologiste pédiatrique et chercheur, père des bébés-bulle : « L'accessibilité de la thérapie génique doit faire l'objet de la plus grande attention »
C’est vous qui le dites
« De toutes les formes possibles de régulation, ils ont décidé de voter la plus idiote »
Régulation de l’installation : une fausse bonne idée
Aptitude physique
Appendicite aiguë : l’évolution des pratiques