Les ordonnances de 1958 ont mis en place le principe du plein-temps hospitalier, et celui du recrutement des praticiens hospitaliers par un concours national. Il faudra attendre 1984 pour qu’un statut de praticien hospitalier « PH » titulaire soit créé : le praticien hospitalier n’est pas fonctionnaire ; son temps de travail n’est ni compté, ni limité jusqu’à ce que la réglementation européenne, en 2003, encadre le temps de travail (48 heures maximum par semaine, et, par dérogation, 24 heures maximum de travail sans interruption). Ce statut très attractif représente le Graal pour les jeunes médecins : jusque dans les années 2000, les postes de PH sont très convoités. Ainsi, le PH représente-t-il alors l’essentiel des effectifs hospitaliers, constituant l’élément principal de la médecine hospitalière.
Mais ce statut contraignant ne séduit plus les jeunes. Manque de recrutement puis démissions des anciens conduisent à une pénurie qui dépasse les 40 % dans certaines spécialités : l’hôpital repose alors sur l’emploi de praticiens contractuels, quand il ne ferme pas des services par manque de personnel. En 2022, la rénovation du statut de PH est une coquille vide tandis que la contractualisation devient attractive.
En 2023, à la suite de l’encadrement de l’intérim, le statut de praticien contractuel devient la poule aux œufs d’or : déstabilisation des équipes et dévalorisation de l’engagement « à vie » des PH dans leur service et l’institution ne font qu’accélérer le délitement de l’hôpital public. Le dialogue social, très pauvre, peine à permettre un choc d’attractivité pourtant suggéré par nombre de rapports. Il y a urgence à restaurer cette attractivité : reconnaissance de l’apport des PH via une reconnaissance financière, mais aussi adaptation aux évolutions sociétales sur le temps de travail, y compris dans le cadre de la permanence des soins, et enfin démocratisation de la gouvernance médicale des établissements.
Snphare : Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi
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