Avec une prévalence estimée à 0,7 %, l’hidradénite suppurée (HS) ou maladie de Verneuil touche principalement des femmes après la puberté. Son diagnostic doit être évoqué face à toute lésion nodulaire ou kystique, tout abcès situé dans les régions axillaires, inguinales, périnéale ou mammaires, d’évolution chronique et récidivante. La prise en charge thérapeutique est complexe. Plusieurs communications présentées lors du congrès en late breaking news portaient sur des traitements agissant sur la réponse immunitaire.
Le povorcitinib, un anti-JAK1 sélectif
C’est notamment le cas des résultats intermédiaires à 24 semaines des études Stop-HS1/Stop-HS2, qui évaluent versus placebo le povorcitinib, un inhibiteur hautement sélectif de Janus kinase 1, chez des patients atteints d’HS modérée à sévère. Au total, les données concernent plus de 1 200 patients adultes avec un diagnostic d’HS depuis trois mois et un traitement systémique antérieur (antibiotique oral ou biologique). Ils ont été randomisés 1:1:1 pour recevoir du povorcitinib 45 ou 75 mg/j, ou un placebo, pendant 12 semaines, suivies d’une phase d’extension de 42 semaines avec le povorcitinib 45 ou 75 mg.
L’administration de l’inhibiteur de JAK1 s’est accompagnée d’une réduction plus rapide des douleurs et d’une résolution plus rapide des fistules
L’utilisation concomitante d’antibiotiques systémiques n’était pas autorisée. Le critère principal d’évaluation, la réponse HiSCR50 à la semaine 12, a été atteint de façon significative par rapport au placebo dans les deux essais. Le povorcitinib s’est également montré supérieur au placebo pour l’HiSCR75. À la semaine 24, l’HiSCR50 a été atteinte par près de 60 % des patients évaluables.
L’administration de l’inhibiteur de JAK1 s’est accompagnée d’une réduction plus rapide des douleurs et d’une résolution plus rapide des fistules. Les améliorations cliniques se sont poursuivies jusqu’à la semaine 24, y compris sur des critères de jugement durs (HiSCR90 et HiSCR100). Le traitement a été globalement bien toléré, avec un faible taux d’anomalies biologiques.
L’izokibep, petite molécule anti-IL17A
La voie de l’IL17, centrale dans la physiopathologie de l’hidradénite suppurée, est également explorée. Les résultats à 16 semaines d’une étude de phase 3 ayant évalué, versus placebo, l’izokibep, une petite molécule de type Affibody (anticorps mimétique) visant à inhiber l’IL17A, sont encourageants. Ils portent sur 258 patients de 18 ans ou plus avec un diagnostic d’HS (stades 2-3 de Hurley) depuis 10 mois en moyenne, et une réponse inadéquate, une intolérance ou une contre-indication aux antibiotiques oraux. Ils ont été randomisés 1:1 pour recevoir un placebo sous-cutané ou l’izokibep 160 mg, chaque semaine.
Au terme de 16 semaines de traitement, le taux de patients ayant atteint le HiSCR75 a été de 37 %, versus 20 % sous placebo. Ce taux a été de 50 vs 32 % pour le HiSCR50 et de 24 vs 12 % pour le HiSCR90.
Le traitement actif a permis plus fréquemment de réduire les douleurs : réduction de 3 points de l’échelle numérique d’évaluation de la douleur (NRS) dans 38 % des cas, vs 17 % sous placebo. De même, les auteurs rapportent une amélioration plus importante de la qualité de vie.
L’izokibep a globalement été bien toléré. Les principaux effets indésirables, tels que des réactions au site d’injection, céphalées, diarrhée et fatigue, étaient d’intensité légère ou modérée. Aucun cas de candidose ni aucun nouveau signal n’ont été rapportés.
Le bimékizumab, maintien à trois ans
Une troisième étude présentée lors du congrès démontre le maintien à long terme (trois ans) de l’efficacité du bimékizumab, un anticorps monoclonal humanisé de type IgG1, qui inhibe sélectivement l’IL17F en plus de l’IL17A.
Les données colligées dans les études Be Heard 1&2 et Be Heard Extension portent sur un total de 367 patients ayant atteint la semaine 148 de traitement – sur les plus de 1 000 inclus. À la semaine 48, les réponses HiSCR50/75/90/100 étaient respectivement de 79,9/64/42,3/30,2 % ; elles se sont maintenues à la semaine 148 à 90,2/81,2/64,3/50,1 %. L’amélioration de la qualité de vie s’est, elle aussi, poursuivie : 27 % de DLQI 0/1 à la semaine 48 et 38,1 % à la semaine 148.
Aucun nouveau signal de sécurité n’a été observé tout au long du suivi. Des données qui soulignent ainsi la durabilité de la réponse au traitement par le bimékizumab chez des patients ayant une HS modérée à sévère.
Session Late breaking news. D’après les communications des Dr Marina Porter (États-Unis), Kim Papp (Canada) et John Ingram (Royaume-Uni)
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