Enquête sur les jeunes pousses de la médecine

Dr Benjamin Saada, généraliste à Bagneux, la liberté d'être « son propre patron »

Par
Publié le 05/08/2020

Fraîchement installé dans le sud de la région parisienne, Benjamin Saada s'est décidé sur le tard pour la médecine générale, grâce à un stage. Pour lui, l'exercice libéral, c'est le choix de l'indépendance. Même s'il entend préserver sa qualité de vie.

Crédit photo : DR

Les jeunes médecins plébiscitent plutôt l'exercice en groupe qu'en solo ? Le Dr Saada n'échappe pas à cette tendance. Même si son choix tient presque des deux à la fois. C'est dans un ancien cabinet de groupe qui, il y a quelque temps encore, regroupait trois généralistes (et un dentiste) que Benjamin Saada exerce désormais, seul médecin au sein de l'équipe. Son cas illustre, s'il en est encore besoin, la cruciale problématique de la diminution des médecins en activité sous l'effet des nombreux départs à la retraite que les nouvelles installations ne peuvent compenser.

Avant de s'installer, le jeune praticien a remplacé ses aînés qui, depuis 35 ans, occupaient ensemble le même cabinet à Bagneux. Les uns après les autres, ils ont fait valoir leurs droits à la retraite. Du coup, Benjamin a repris, seul, la patientèle d'au moins deux d'entre eux. Le box de consultation du troisième médecin est désormais loué à un ostéopathe.

C'est dire si le Dr Saada est en terrain connu ! Aussi bien pour les locaux que pour la patientèle dont il avait déjà l'habitude de prendre soin au moins pour les deux tiers d'entre elle ! « Lorsque l'on remplace pendant cinq ans, on voit des bébés, des enfants, des ados qui deviennent eux-mêmes des parents, il y a toute une sphère familiale, un suivi, une confiance… Je trouve cela formidable », souligne le jeune généraliste.

Être « son propre patron »

D'ailleurs, s'il s'est lancé, fort volontiers, aux manettes d'un cabinet de ville, c'est clairement pour la liberté d'être « son propre patron, de décider de ses horaires, du lieu et de la façon d'exercer… » Et pourtant, que l'on ne s'y trompe pas ! Ce n'était guère son intention tout le long de ses études médicales. En effet, fils d'un gynéco à la retraite et frère d'une urgentiste, Benjamin Saada se projetait totalement dans une carrière hospitalière. Et ce d'autant, qu'à Paris 6 où il a fait son cursus « tout dans la culture de la promo vous poussait vers la voie hospitalière. C'est grâce au stage de pratique effectué lors de ma 9e année que j'ai fait de la médecine générale. Et j'ai pu comparer. Quand j'ai découvert la médecine en cabinet, je me suis dit, c'est ça que je veux faire ! La médecine hospitalière, c'est très technique et on passe au final peu de temps avec le patient ».

Le choix de la médecine générale a pris du temps mais a fini par s’imposer telle une évidence. Et même si c'est tardif, c'est un choix définitif ou qui s'inscrit dans la durée. À l’inverse de sa sœur urgentiste qui, explique-t-il, commence à s'interroger quant à son avenir.

Son propre cabinet !

Mais revenons à Bagneux, le lieu de cette installation. Un cabinet, le sien, plus ou moins « idéal », car revu et corrigé à la lumière de l'expérience acquise auprès de ses aînés. Il l'avait souvent imaginé. Benjamin Saada savait déjà ce qu'il fallait reproduire, simplement transformer ou carrément abandonner. Son installation, c'est tout frais, elle date du mois de janvier. « Je suis encore en rodage. » D'autant qu’il a dû se dépatouiller plus d'un mois sans informatique. Ce qui lui a valu une gestion des feuilles de soins et de toute sa compta à la main… À l'ancienne… ! Double peine pour celui qui confie avoir été « geek » avant la naissance de son premier enfant.

Préserver une qualité de vie

Empathique et soucieux de sa patientèle, le Dr Saada met un point d'honneur à préserver sa qualité de vie. Il planifie son exercice de la médecine sur quatre jours et se fait fort de ne pas dépasser les horaires qu'il s'est fixés. D'ailleurs, Benjamin fait lui aussi désormais appel à une remplaçante ! Car le jeune médecin est également un tout jeune père. Et il entend vivre pleinement sa paternité en consacrant au moins un jour par semaine à sa fille. C'est aussi ça la qualité de vie des jeunes !

Annick Bernhardt-Olivieri

Source : lequotidiendumedecin.fr