Jamais trop vieux pour arrêter !

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Publié le 17/11/2023
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Encore trop de médecins ne s’autorisent pas à parler de sevrage tabagique aux plus de 65 ans, en raison d’idées reçues.
Le fumeur âgé peut toujours gagner en qualité de vie

Le fumeur âgé peut toujours gagner en qualité de vie
Crédit photo : VOISIN/PHANIE

De 5 à 10 % des 65 ans et plus sont fumeurs, ce qui est loin d’être négligeable, sans compter le problème de l’exemplarité pour les jeunes générations. « La principale difficulté du sevrage des seniors n’est autre que la montagne que l’on s’en fait, que ce soit en tant que médecin ou en tant que fumeur, alors que les chiffres de la réussite du sevrage sont superposables à tout âge ! », assure le Pr Loïc Josseran, médecin-professeur de santé publique et président de l’Alliance contre le tabac (ACT).

La difficulté supposée de ce sevrage fait qu’il est insuffisamment proposé par les médecins alors qu’ils devraient se sentir parfaitement légitimes pour aborder ce thème avec les patients et être convaincus du bien-fondé de la démarche.

« Autre préjugé tenace : penser que chez une personne âgée, il n’y a pas grand-chose à gagner et que finalement, si c’est son dernier plaisir, pourquoi le lui retirer ? Or, si le fumeur âgé qui accepte de se sevrer ne va pas être gagnant en espérance de vie, il peut gagner beaucoup en qualité de vie et ce n’est pas négligeable », insiste le Pr Josseran.

Arrêter de fumer après 65 ans s’accompagne ainsi d’un gain sur le plan respiratoire, d’un meilleur odorat, de plus de goût, d’un meilleur périmètre de marche, d’une baisse des risques cardiovasculaires, et du risque d’accident vasculaire cérébral même si c’est à plus long terme.

C’est l’implication du professionnel de santé pour pousser son patient au sevrage, en lui indiquant ce qu’il a à y gagner, qui peut le pousser à se lancer. « Cela revient à dire au patient qu’il est faux de penser qu’il n’y a plus rien à faire et c’est bien perçu, surtout si on lui explique aussi que s’arrêter à 70 ans n’est pas plus compliqué que de le faire à 40. La substitution fonctionne bien, il n’y a pas besoin de formation particulière, comme le pensent à tort certains professionnels de santé. Il n’y a pas non plus de risque à arrêter ! », rappelle le Pr Josseran.


Source : Le Quotidien du médecin