La qualité des glucides et des matières grasses pourraient compter davantage que leur quantité en termes d’impact sur la santé cardiovasculaire, selon une nouvelle étude publiée dans le Journal de la Société américaine de cardiologie (Jacc). Ces résultats pourraient être utilisés pour repenser les régimes alimentaires faibles en sucres et en graisses pour les rendre plus efficaces, sans priver les patients, selon les chercheurs de l’école Chan de santé publique adossée à l’université de Harvard.
Cette étude « est la plus complète à ce jour, puisqu’elle croise les profils métaboliques et le risque cardiovasculaire de près de 200 000 adultes américains avec un suivi de plus de 30 ans », affirment les auteurs. Les quelque 198 473 participants étaient issus de trois cohortes différentes : les deux cohortes successives sur la santé des infirmières (Nurses’ Health Study I et II) et la cohorte de suivi des professionnels de santé. En tout, c’est un suivi de 5,2 millions de personnes-années qui a été effectué, au cours duquel plus de 20 000 incidents cardiovasculaires ont été enregistrés.
Fruits, légumes, céréales complètes et huile d’olive
Selon les données collectées via un questionnaire, il ressort un lien entre la baisse du risque cardiovasculaire et la présence abondante de glucides et de lipides de bonne qualité, de sucres non raffinés et des graisses polyinsaturées, fournis par une alimentation très largement végétalisée (fruits, légumes, huile d’olive) et riche en céréales complètes. A contrario, un régime alimentaire dans lequel les lipides sont présents en faibles quantités mais principalement représentées par des graisses animales et où les sucres sont tous raffinés ajoutés, est associé à un risque cardiovasculaire plus élevé. Ces résultats rappellent ceux publiés en août, démontrant que les aliments peu transformés favorisaient la perte de poids.
Les auteurs ont pris comme valeur de référence le quintile de personnes consommant le moins de sucres et le moins de lipides. Comparés à ces « bons élèves », les individus qui consommaient un régime faible en glucides mais riche en graisses animales avaient un risque cardiovasculaire augmenté de 7 % sur l’ensemble du suivi, alors que ceux qui consommaient peu de sucres mais beaucoup de graisses végétales avaient un risque diminué de 6 %.
Par ailleurs, au sein même des participants consommant peu de glucides, les consommateurs de sucres raffinés ont un risque cardiovasculaire augmenté de 15 %, alors que ceux qui consomment du sucre non raffiné ont un risque diminué de 15 %. Les personnes qui adoptaient un régime alimentaire de meilleure qualité avaient des niveaux de triglycérides, de HDL cholestérol et de marqueurs inflammatoires plus bas que ceux dont le régime alimentaire était moins bon, à quantités égales de glucides et de lipides.
Ces résultats contribuent à faire s’effriter le mythe selon lequel il suffit de réduire la quantité de sucres et de graisses absorbées chaque jour pour perdre du poids et être en bonne santé. Un bon régime comprendrait plus de paramètres qu’imaginé, puisqu’il ne suffit pas de réduire les quantités mais aussi veiller à la qualité.
Plus de flexibilité pour les patients
Pour Zhiyuan Wu, chercheur du département de nutrition de l’université de Harvard et premier auteur de l’étude, c’est une bonne nouvelle : « cela offre plus de flexibilité aux individus qui peuvent conserver leurs préférences alimentaires tout en prenant soin de leur santé cardiovasculaire », affirme-t-il. Les chercheurs estiment en effet possible de tolérer un régime un peu plus riche en graisses et en sucres si la composition de ces derniers est favorable pour la santé.
Ce raisonnement ne s’applique en revanche pas aux cas extrêmes comme le régime cétogène et doit plus généralement être manié avec prudence dans la mesure où il a été développé à partir de données déclaratives. Enfin, l’échantillonnage n’était pas représentatif de la population générale, dans la mesure où il comportait seulement 42 720 hommes pour plus de 150 000 femmes. « Nos résultats correspondent à ceux de plusieurs autres études qui ont mis l’accent sur l’influence la qualité et la quantité des aliments sur la santé, expliquent toutefois les auteurs. Certaines montraient que la qualité des glucides et des lipides pouvait avoir un effet sur l’espérance de vie. »
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