Pour certains généralistes, il est attendu comme le Messie. Le vaccin à ARN messager Moderna, disponible pour l'instant uniquement en centres de vaccination, devrait être généralisé en ville dès le mois de juin selon une annonce du ministère de la Santé. Chez les généralistes, cette nouvelle est accueillie avec un certain optimisme.
En effet, alors qu'ils vaccinent en cabinet avec AstraZeneca depuis le mois de février, les généralistes réclament d'avoir accès à des vaccins à ARN messager depuis plusieurs semaines déjà.
Dans son point hebdomadaire ce mardi, le ministère de la Santé a annoncé le déploiement du vaccin Moderna en ville « dès le mois de juin ». Les doses qui n'auront pas été utilisées en centres pourront être « réinjectées en ville », a assuré le ministère qui table sur 100 000 doses par semaine pour l'ensemble des professionnels de santé.
Sur le même modèle que la Moselle, « 40 000 vaccins » par semaine seront également répartis au cours de ces trois prochaines semaines avec priorité sur les territoires en tension épidémique (variants, taux d'incidence).
Succès de l'expérience mosellane, les généralistes veulent plus
En Moselle, les généralistes qui ont pu recevoir un flacon de Moderna début avril tirent un bilan positif de l'expérience. « J'ai reçu un flacon de Moderna et tout s'est très bien passé, vacciner avec Moderna est tout à fait réalisable en ville ! », assure le Dr Jean-Christophe Breton, médecin généraliste à Talange (Moselle).
Selon lui, une extension de l'expérience « à l'ensemble du territoire permettrait de relancer la vaccination en cabinet », alors que « trouver des patients qui acceptent de se faire vacciner avec AstraZeneca devient de plus en plus compliqué. »
Si le généraliste plaide pour une généralisation de Moderna en ville, il regrette toutefois n’avoir reçu pour l’instant « qu’un seul flacon » et de n’avoir toujours aucune nouvelle du deuxième, indispensable pour effectuer ses rappels.
Pour le Dr Claude Bronner c’est un peu le même son de cloche. Le généraliste de Moselle qui a également reçu un unique flacon de Moderna estime que les « médecins et pharmaciens mosellans ont montré qu’ils étaient capables d’organiser au plus près des patients la vaccination avec des vaccins à ARNmessager ».
Le généraliste de Moselle déplore une « mauvaise gestion » du dispositif par le gouvernement. « On nous a attribué seulement 600 flacons (plus de 6 000 doses) soit un flacon par médecin. Ce n’est clairement pas suffisant. Il faut que les flacons soient attribués en fonction des besoins des médecins qui se basent sur les demandes de leur patientèle », estime-t-il. Le Dr Claude Bronner réclame par ailleurs que Pfizer soit, au même titre que Moderna, accessible en ville.
Bientôt de nouveaux patients à vacciner ?
À plusieurs kilomètres de là, à Champs-sur-Yonne dans l’Auxerrois, Le Dr Christine Vigier a décidé il y a quelques semaines d’arrêter la vaccination avec AstraZeneca pour des raisons d’organisation et car les demandes se faisaient de plus en plus rares en raison de l’arrivée d’un centre de vaccination à proximité.
Pour autant, la généraliste n’écarte pas de reprendre la vaccination si Moderna arrive en ville. Selon elle, « avec l’élargissement de la cible vaccinale, il va y avoir du monde à vacciner. » Elle précise : « Si je vois que mes patients sont en demande et que ça ne suit pas dans les centres de vaccinations je m’y remettrais probablement ! »
Pour accélérer la campagne de vaccination, le gouvernement a annoncé ces derniers jours des mesures d’élargissement de la cible vaccinale. Ainsi, depuis le 1er mai, les personnes âgées de 18 à 49 ans présentant des comorbidités peuvent se faire vacciner. À partir du 10 mai ce sera au tour des plus de 50 ans (sans pathologie particulière) et, dès le 15 juin, à tous les plus de 18 ans.
Si dès le mois de juin le gouvernement prévoit d'attribuer en ville les doses non utilisées par les centres de vaccination, sa priorité reste bel et bien d'alimenter ces grandes structures.
Mais pour garder les généralistes mobilisés dans sa campagne de vaccination, le gouvernement va devoir revoir sa copie. Les généralistes sont de plus en plus limités en raison des contraintes du vaccin AstraZeneca. La tranche d'âge des patients qu'ils peuvent vacciner, les plus de 55 ans, s'avère de plus en plus réduite. À ce jour, 50 % des 50-59 ans et 57 % et des 65-69 ans ont déjà reçu au moins reçu une dose de vaccin.
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