Le Sénat se positionne en force d'opposition lors de l'examen en continu du projet de loi de bioéthique. Il a refusé l'expérimentation du dépistage préimplantatoire recherchant des anomalies chromosomiques proposée par les députés. Ce dispositif auquel d'ailleurs la ministre Agnès Buzyn était opposée, avait été initialement rajouté par la commission spéciale du Sénat, mais finalement supprimé en séance.
En revanche, les sénateurs ont réintroduit la technique du double diagnostic préimplantatoire (DPI-HLA) dite bébé médicament qui figurait initialement dans la loi, mais avait été supprimée par les députés en octobre dernier. Sur ce deuxième dispositif, la ministre a donné un avis de sagesse, et s'en remettra donc à l'avis des parlementaires, sans donner un avis favorable ou défavorable.
Concernant la recherche, les sénateurs ont "posé des lignes rouges". Ainsi, ils ont renforcé les interdictions de modifications d'embryons humains par l'insertion de cellules animales. Le débat a été vif notamment sur l'utilisation de la technique CRISPR-CAS9 entre Bruno Retailleau (LR) et Olivier Henno (centriste). Là se joue un duel récurrent entre pro-recherche (Cf. Tribune du Monde de spécialistes des cellules souches qui appellent à arrêter d'agiter le spectre de l'émergence d'une humanité génétiquement modifiée du 22 janvier 2020) et "anti-transhumanisme".
L'examen en première lecture s'est terminé le 29 janvier et le vote sur l'ensemble du texte du projet de loi de bioéthique aura lieu le 4 février prochain.
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