Lors de son interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a appelé les Français à la plus grande vigilance face à l'épidémie de Covid-19 qui « repart un peu », comme l’ont montré les données de Santé Publique France la semaine dernière. Le chef de l'État a souligné que le taux de contamination par malade était à nouveau légèrement supérieur à 1. « Face à cela, nous devons prévenir et nous préparer », a-t-il affirmé.
Pour contrôler la recrudescence de cas, Emmanuel Macron a veut que puissent être réalisés encore davantage de tests de dépistage qu'actuellement – 370 000 par semaine en ce moment (Olivier Véran avait annoncé une limite de 700 000 tests hebdomadaires). « Nous avons largement la capacité » d’en faire plus, a-t-il affirmé.
Le président de la République a annoncé que les tests PCR pourront désormais être disponibles sans ordonnance. Il a « encouragé » toute personne, même sans prescription médicale et « même quand elle n’a pas de symptôme », « si elle a un doute, une crainte », à aller se faire tester. « Car c’est une bonne manière ensuite, d’être isolé et de réduire la diffusion », a-t-il souligné.
Pour les biologistes, priorité aux patients symptomatiques
Interrogé sur FranceInfo à la suite de l’annonce du président de la République, le président du Syndicat des biologistes François Blanchecotte, s’est montré mesuré sur une telle évolution réglementaire. Même si, comme l’a avancé Emmanuel Macron, il confirme que les laboratoires ont les capacités à pratiquer plus de tests, le biologiste a affirmé qu’il fallait « garder mesure » pour conserver « des forces vives, si l’épidémie se développe encore plus qu’elle ne l’est aujourd’hui ». Selon lui, la mesure demande à être discutée avec l’Assurance maladie pour sa mise en œuvre (le président n'ayant pas précisé si le test serait ou non remboursé quand il est réalisé sans ordonnance, NDLR). Contrairement au président de la République, il a posé certaines limites à un dépistage pour tous et avancé qu'il faudrait « peut-être prioriser les gens qui ont quand même des symptômes ». Il évoque en revanche la piste « intéressante » des autotests à domicile avec prélèvement salivaire et non nasale. « On gagnerait à la fois du temps et ça permettrait aux laboratoires d’avoir juste à enregistrer les prélèvements ».
Le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF qui exerce en Mayenne n’est pas contre l’idée de pouvoir se passer de l’ordonnance pour faire « gagner du temps » à tout le monde pour les tests PCR. « L’important en revanche c’est que le laboratoire renseigne le médecin traitant pour que nous recevions les résultats, soyons informés des cas positifs et effectuons le suivi », souligne-t-il. Se faire dépister sans ordonnance, dans son département où il y a depuis quelques jours un nouveau cluster, « c’est déjà ce que l’on vit », explique-t-il. En effet avec pour objectif de dépister les 300 000 Mayennais, deux « drives » de dépistage ont été ouverts depuis lundi, 7 jours sur 7 entre 9 heures et 20 heures, « et depuis l'ouverture il y a deux heures de queue », relate le Dr Duquesnel. Au-delà des personnes dépistées dans ce genre de dispositif, les personnes contacts de patients Covid, qui sont appelées à aller se faire dépister après un traçage via ContactCovid, n'ont déjà pas besoin d'ordonnance à l'heure actuelle.
Masques obligatoires dans les lieux publics clos au plus tard le 1er août
De nombreux médecins le réclamaient avec insistance et d’autres pays l’ont décidé ces derniers jours, Emmanuel Macron a également déclaré l’obligation du port du masque dans les lieux publics clos à partir du 1er août. « On le fait dans les transports, ça marche très bien, mais c'est un peu erratique dans les lieux publics clos », a-t-il déclaré. Même si cette annonce a réjoui ceux qui l’attendaient, la date du 1er août a également soulevé des critiques. « Attendre quinze jours de plus, c'est trop », juge ainsi le psychiatre Antoine Pelissolo, auteur d'une des tribunes appelant au port du masque obligatoire dans Le Parisien. « On ne comprend pas vraiment la raison de ce report. Appliquer cette mesure est urgent. On sait qu'à tout moment, il peut y avoir une résurgence de l'épidémie. Le temps perdu est délétère », estime-t-il. Mardi, lors de sa visite à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, Olivier Véran a expliqué que ce délai se justifiait par un « travail d’appropriation » d’une nouvelle doctrine et un nécessaire « travail de logistique ». A la sortie du conseil des ministres, le nouveau porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, a lui fait savoir que l’idée était d’aller « le plus rapidement possible ». « Si ça peut être avant, ça sera avant », en précisant qu’un « travail juridique et technique » était en cours avant la publication prochaine du décret.
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