À l'approche de la date butoir du 15 septembre – première dose de vaccin obligatoire avant contrôle et sanctions – fixée pour l'ensemble des soignants et professionnels en contact avec des personnes fragiles, « la pression monte sur les généralistes dans les cabinets médicaux », alerte MG France. Selon le syndicat de généralistes, des salariés des secteurs d'activité recevant du public, refusant la vaccination obligatoire, se retournent vers leurs médecins pour réclamer des arrêts de travail de complaisance.
Jeudi, Jean Castex a réaffirmé que les sanctions prévues contre les soignants et salariés récalcitrants soumis à vaccination obligatoire seront bien « mises en œuvre ». Une menace lourde sur le plan professionnel qui risque d'aboutir à des situations conflictuelles dans les cabinets libéraux.
« Certains de nos confrères, explique le Dr Margot Bayart, vice-présidente de MG France, ont déjà fait remonter des demandes de la part de leurs patients. Ma collègue a été contactée par une aide à domicile, qui ne veut pas se faire vacciner et qui demande un arrêt de travail ». D'autres cas de figure divers risquent de se produire. « Certains patients vont venir avec une lombalgie ou divers motifs pour faire valoir qu'ils ne peuvent pas aller travailler, ajoute la généraliste. Or, on va bien sentir que derrière, le problème se situe au niveau de la vaccination. Il y a un risque d'agressivité de la part des patients mécontents ! »
Situations complexes
Face à la multiplication de ces requêtes, nombre de médecins de famille risquent de se retrouver dans une situation « pour le moins inconfortable et délicate », explique MG France. « Certains vont être fermes et d'autres plus empathiques car cela va mettre leurs patients dans une situation économique difficile. Des situations complexes peuvent survenir et les généralistes qui accompagnent leurs patients et font de la pédagogie pour amener les récalcitrants à se faire vacciner ne doivent être inquiétés en aucune manière », recadre-t-elle.
Dans ce contexte, le syndicat exhorte le gouvernement et l'Assurance-maladie qui vont traquer les arrêts de travail de complaisance à ne pas « faire peser la pression sur les généralistes qui sont déjà mis en situation de tension importante sur le plan physique et psychologique depuis le début de la crise sanitaire ». Pour le Dr Bayart, « c'est aux médecins-conseils de convoquer les patients ». Et dans le cadre des contrôles d'arrêts de travail, l'Assurance-maladie doit déjà « identifier les médecins qui ont un taux d'arrêt qui explose d'un coup avec des patients dont ils ne sont pas le médecin traitant ». Mais, « que la caisse protège les médecins qui font bien leur travail ».
Pour l'exécutif en tout cas, gare à ceux qui voudraient contourner l'obligation vaccinale. « Le refus de se vacciner ne donnera lieu à aucun arrêt maladie », a prévenu le ministre de la Santé, Olivier Véran, promettant « des contrôles systématiques » pour « toute prescription jugée suspecte ».
[Article mis à jour vendredi, 18H45]
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