LA RÉFORME hospitalière introduite depuis 2009 par la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, et Territoires) n’a pas été suffisamment expliquée aux personnels hospitaliers, qui peinent à en comprendre le sens. Telle est la principale conclusion de la mission Hôpital public, qui a remis son rapport la semaine dernière à Xavier Bertrand.
Le ministre de la Santé a mis sur pied cette mission en 2011 dans le but d’« engager le dialogue sur les difficultés concrètes vécues dans les hôpitaux publics », et de « recenser les réussites ou les adaptations mises en œuvre sur le terrain » dans le but de décloisonner le système de santé. La mission, pilotée par Frédéric Boiron, directeur général du CHU de Saint-Étienne, et le Dr Francis Fellinger, ancien président de la Conférence des présidents de CME de CH, a organisé 45 réunions en métropole et en Outre-mer de septembre 2011 à janvier 2012 ; 2 000 personnes ont participé aux débats.
Le manque de pédagogie a été souligné à de nombreuses reprises, notamment par les cadres et chefs de pôle qui ont regretté que la loi Bachelot n’ait pas donné lieu à davantage d’information. Les chefs de pôle ont exprimé une forte demande de formation. « Beaucoup de responsables hospitaliers, tout en comprenant les réalités administratives et la situation économique, expriment leur sentiment de saturation face à l’avalanche et l’enchevêtrement des textes réglementaires, décrets, arrêtés, circulaires, recommandations, instructions et injonctions nationales et régionales difficiles à suivre du fait de leur nombre, de la multiplicité de leurs auteurs, de la difficulté à les interpréter et à les hiérarchiser, de l’impossibilité à les mettre en œuvre de manière cohérente et crédible dans des délais contraints », souligne par ailleurs la mission. A contrario, la nouvelle gouvernance hospitalière, tant décriée par le corps médical lors du débat parlementaire, semble à présent acceptée et apaisée.
La mission Hôpital public formule une dizaine de préconisations pour améliorer le climat social à l’hôpital et faciliter la mise en œuvre des réformes. Elle propose notamment de corriger les effets négatifs de la T2A, de stabiliser le cadre réglementaire actuel, de soutenir la dimension managériale, de valoriser les réussites et les acteurs qui les animent, de clarifier lorsque c’est nécessaire le positionnement des instances, et de soutenir le rôle spécifique des CHU.
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