METTRE AU POINT un vaccin ne suffit pas. Encore faut-il que celui-ci confère une immunité assez large pour protéger des souches émergentes. C’est ce que promet une équipe d’infectiologues américains pour lutter contre le virus ébola. Selon le Dr Nancy Sullivan et ses collègues des National Institutes of Health, un vaccin élaboré contre ZEBOV et SEBOV, deux souches de virus Ebola responsables de fièvre hémorragique chez l’homme protégerait également de BEBOV. Cette souche émergente a été identifiée en 2007 lors d’une épidémie en Ouganda. Certes, il s’agit pour l’instant de résultats obtenus chez le singe, mais globalement l’état d’avancée en matière de développement vaccinal contre les virus de la fièvre hémorragique est encore au stade d’essais cliniques. Pour la première fois, l’équipe du Maryland démontre ainsi qu’un vaccin dirigé ZEBOV et SEBOV confère une immunité croisée contre des espèces hétérologues. La protection serait médiée non pas par la réponse humorale via la production d’anticorps spécifiques d’un antigène, puisque BEBOV diffère à 32-42 % des souches précédentes, mais par une réponse cellulaire large et robuste, reposant sur les cellules T CD4 et CD8.
Rappel à 1 an
Quatre macaques cynolmogus ont ainsi reçu le nouveau vaccin. Le protocole vaccinal visait à immuniser contre des glycoprotéines d’enveloppe des souches ZEBOV et SEBOV à l’aide de vecteurs recombinants à adénovirus de sérotype 5 (rAd5). Autrement dit, il s’agissait d’un vaccin recombinant à ADN contenant une petite portion du matériel génétique codant pour les protéines de surface des virus Ebola du Zaïre et du Soudan. Leux doses nécessaires pour chaque antigène étaient administrées avec un intervalle de 4 semaines, c’est-à-dire quatre injections au total, à 0, 4, 8 et 16 semaines. Quant aux injections de rappel, elles étaient réalisées 12 mois plus tard. Peu après les rappels, les quatre singes vaccinés ont été mis en contact avec le nouveau virus Ebola BEBOV, tout comme quatre autres singes non vaccinés servant de témoins.
Protection à 100 %
Tandis que les quatre animaux témoins sont morts moins de 15 jours plus tard, aucun des macaques vaccinés n’est tombé malade. Si la réponse spécifique par anticorps anti ZEBOV et SEBOV était forte, y compris un an après l’injection de rappel, ce n’est pas l’immunité de type humoral qui a retenu l’attention des chercheurs. En effet, les singes vaccinés, pourtant dépourvus d’antigènes spécifiques anti-BEBOV, étaient bel et bien protégés contre cette nouvelle souche de virus Ebola. En revanche, pour ce qui est de la réponse cellulaire, les taux de cellules T helper CD4 et de cellules effectrices CD8 étaient franchement élevés, probalement suite à l’utilisation d’un vecteur à ADN/rAd, comme le suggèrent plusieurs observations antérieures.
Le virus Ebola représente une lourde menace, tant sanitaire qu’économique, dans les pays d’Afrique concernés mais aussi pour le monde entier s’il est utilisé comme arme à des fins bioterroristes. Aucun traitement spécifique n’existe actuellement et si plusieurs vaccins sont à l’étude, aucun n’est encore disponible. Qu’il soit possible d’assurer une immunité protectrice contre une souche émergente de virus Ebola à l’aide d’un vaccin initialement conçu pour une espèce différente est rassurant. La recherche en développement vaccinal tiendra certainement compte dans le futur des résultats de l’équipe du Dr Sullivan, qui laisse espérer en un vaccin unique, efficace à la fois contre les souches de virus Ebola connues et émergentes.
PLoS Pathogens, volume 6, n° 5, mai 2010.
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