Bien avant son entrée au gouvernement, le Pr Agnès Buzyn a pris position sur plusieurs sujets qui relèvent aujourd'hui de sa compétence. À défaut de constituer une feuille de route, ces déclarations éclairent sa personnalité.
• « Je suis sensible aux préoccupations des médecins, avait-elle confié au « Quotidien » en juin 2016, peu après sa prise de fonction à la tête de la HAS. C’est très facile de les critiquer. Mais je ne les stigmatiserai jamais parce que leur exercice quotidien est très difficile. (..) Ce métier, je l’exerce encore aujourd’hui, et ça me permet de parler aussi bien aux médecins qu’à l’administration. À l'administration, je dis que la médecine ne peut pas être totalement normée, ce serait trop simple. Il faut savoir s’adapter à chaque cas, et il faut être en capacité d'entendre les malades. » Cette position de principe devrait quelque peu rassurer les praticiens libéraux échaudés par les années Touraine et une forme de dérive bureaucratique.
• Côté tarifs en revanche, ses déclarations peuvent inquiéter une partie du secteur. Interrogée fin 2011 par « Libération » sur les dépassements d'honoraires, Agnès Buzyn lâche tout de go : « J'ai cela en horreur. [...] Je pense qu'il ne devrait pas y avoir de liens d'argent avec les patients. Moi, je ne le supporte pas. C'est pour cela que j'ai choisi l'exercice à l'hôpital. » Agnès Buzyn mettait en avant sa préférence pour le secteur public. Elle est dorénavant ministre de l'ensemble des médecins, des hôpitaux et des cliniques.
• Autre prise de position saillante, les liens d'intérêt des professionnels de santé avec l'industrie. En 2013, présidente de l'INCa, Agnès Buzyn osait cette formule : « Vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pose la question de leur compétence. » En 2016, lors de son audition par le Sénat en tant que candidate à la présidence de la HAS, elle récidivait : « A rechercher des experts sans aucun lien d’intérêt, on va au-devant des problèmes dans les disciplines pointues. » À son poste la ministre devra sans doute adopter un ton plus neutre, la transparence des liens d'intérêts étant devenue un sujet central de moralisation de la vie publique. À ce titre, le Pr Buzyn ne traitera aucun dossier en rapport avec l’INSERM, organisme public dirigé par son mari le Pr Yves Lévy.
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