› DE NOTRE CORRESPONDANT
LES DIRECTIVES anticipées existent déjà en France depuis 2005, mais n’ont aucune valeur contraignante pour les médecins, et restent par ailleurs très mal connues des patients eux-mêmes, qui sont peu nombreux à en rédiger. Dans plusieurs autres pays au contraire, ces directives, remplies devant notaire, ont une valeur plus contraignante, notamment en Espagne, en Allemagne, en Autriche ou en Belgique ou au Pays-Bas. Les souhaits des patients doivent toutefois être en conformité avec les lois en vigueur dans les pays concernés, en particulier sur l’arrêt des traitements et l’euthanasie. À l’inverse, dans les pays où l’euthanasie est autorisée ou tolérée, les patients peuvent aussi demander, dans leurs directives, qu’elle ne soit en aucun cas pratiquée sur eux. D’autres pays, comme la Norvège, la Pologne ou le Portugal, n’ont par contre aucun dispositif de directives anticipées, et n’envisagent pas de s’en doter. L’Italie, quant à elle, s’apprête à mettre en place de telles directives.
Informer les citoyens.
Dans une résolution discutée ce 25 janvier à Strasbourg, l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe propose la généralisation de ces directives à tous les pays européens, conformément d’ailleurs à la Convention européenne de bioéthique qui prévoit la mise en place de ces dernières. Mais elle insiste aussi sur la nécessité de mieux informer les citoyens sur les possibilités offertes par ces directives. De plus, trop de citoyens confondent la notion de directives anticipées avec l’arrêt des traitements voire l’euthanasie, alors que les directives sont loin de ne porter que sur ces deux sujets. Les directives doivent aussi pouvoir être facilement modifiées au cours de la vie par leur propriétaire, et être rédigées de manière compréhensible tout en étant facilement accessibles. Aux États-Unis par exemple, il est très simple d’obtenir des formulaires pour rédiger et déposer ses directives, alors que la procédure reste lourde dans certains pays européens qui les ont pourtant instituées. Enfin, il importe bien sûr de les intégrer dans les dossiers médicaux pour que les équipes soignantes en prennent facilement connaissance. Le droit fondamental du consentement doit s’appliquer tout au long de l’existence, conclut le Conseil de l’Europe, en rappelant que nul ne peut subir un traitement médical contre sa volonté.
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