Le récent colloque interministériel sur l’antibiorésistance a permis de faire le point sur les voies de recherche les plus crédibles en matière d’anti-infectieux. Aujourd’hui, « trois types de stratégies sont envisagées, avec des produits qui ont de bonnes chances d’arriver sur le marché dans les 5 à 10 ans : cibler le pathogène, cibler l’hôte ou intervenir sur le microbiote », résume le Dr Bruno François, (centre d’investigation clinique du CHU de Limoges).
Concernant le premier axe, la tendance est à « étudier de nouvelles associations antibiotiques/antibiotiques mais aussi AB/non-AB pour avoir un effet bactéricide et cibler des mécanismes de résistance ». L’idée est aussi « d’identifier de nouvelles cibles, voire de repositionner d’anciens médicaments et les co-associer sur ces cibles ». Enfin, de nouvelles molécules à spectre étroit sont à l’étude.
Les bactériophages pourraient également compléter l’arsenal thérapeutique, en particulier dans des pathologies en impasses thérapeutiques (infections ostéoarticulaires chroniques par exemple), mais « il n’existe toujours pas de preuve de leur efficacité et de leur innocuité ».
Déjà des études de phase 3
Autre piste, les peptides anti-microbiens (petites protéines naturellement produites par les organismes vivants comme défense immunitaire) font l’objet d’une recherche active et pourraient être utilisés comme adjuvant à l’antibiothérapie.
« Les anticorps-monoclonaux – qui ciblent un récepteur ou une toxine de la bactérie – représentent pour leur part une véritable alternative aux antibiotiques, estime le Dr François. De nombreuses molécules sont testées en phase 2 et 3 avec des études à grande échelle pour S aureus, Pseudomonas aeruginosa, Clostridium difficile, Klebsiella pneumoniae… »
L’immuno-stimulation et l’immuno-restauration (anti-PDL1 et PD-1, IL-7) pourraient aussi permettre de mieux prendre en charge les patients immunodéprimés et de diminuer les antibiothérapies préventives.
Enfin, le microbiote jouant un rôle central dans l’homéostasie bactérienne, les probiotiques (voire la transplantation fécale) semblent prometteurs malgré l’absence de résultats probants pour le moment.
Ainsi, « la sortie du tout antibiotique est possible », conclut le
Dr François grâce notamment au développement de l’interface immuno-infectiologie.
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