L’ASTHME PEUT apparaître tardivement ou persister toute une vie. Sa prévalence, importante chez les enfants et les adultes jeunes, connaît un deuxième pic après l’âge de 60 ans, en France certes, mais les autres pays connaissent la même tendance.
Souvent sévère chez la personne âgée.
Les seniors sont souvent sérieusement atteints, puisque près d’un quart (24 %) des asthmatiques de plus de 65 ans souffrirait d’un asthme sévère d’après une enquête de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (1). Ceci avec l’hypothèse d’une fourchette basse de prévalence de 10 %, et « a priori ce ne sont pas des BPCO », assure le Dr Chantal Raherison (CHU de Bordeaux). Ces asthmatiques âgés, hommes et femmes, présentent beaucoup plus de morbidités, cardiovasculaires et métaboliques surtout, que les sujets plus jeunes, une particularité à garder à l’esprit pour la prise en charge.
Leur asthme est souvent insuffisamment contrôlé, les plus de 65 ans représentant 23 % des asthmatiques non contrôlés, ce qui laisse penser que nos anciens sont sous-diagnostiqués et sous-traités, asthmatiques sévères y compris (2). Autre indicateur de sévérité, les données les plus récentes en France –celles publiées en 2007 par l’Institut de veille sanitaire– montrent qu’une proportion non négligeable de sujets âgés connaît une hospitalisation pour asthme, avec près de 8 000 séjours pour asthme en 2002 chez les ≥ 65 ans (3,4). En addition, malgré la baisse de mortalité pour asthme observée ces dernières années, d’après les données des certificats de décès la majorité des 1 007 décès annuels environ encore actuellement liés à l’asthme (cause initiale ou cause associée) en France, concernent des plus de 65 ans.
Atopie fréquente.
De prise en charge difficile en clinique, notamment du fait de la difficulté du diagnostic, et de la technique de prise des traitements inhalés, l’asthme du sujet âgé présente plusieurs phénotypes : apparition avant l’âge de 20 ans (10 %) ou plus tardive, soit 38 % entre 51 et 65 ans, et 23 % après 65 ans. Mais leurs déterminants sont inconnus. L’atopie est fréquente, concernant 20 à 30 % des sujets âgés selon les études, mais il n’en existe que peu dans le domaine, regrette le Dr Raherison qui mentionne l’étude Inserm de Zureik et coll. et la cohorte française PAQUID (5,6).
Dans la cohorte TENOR (7), une étude multicentrique observationnelle de plus de 3 500 individus avec un asthme sévère, dont 16 % environ de 65 ans et plus, les personnes âgées ont en moyenne une plus mauvaise fonction pulmonaire (VEMS plus bas d’environ 66 %). Seize pour cent d’entre elles n’ont jamais eu de bilan allergologique ou de mesure des IgE, une proportion plus importante que chez les sujets plus jeunes. De façon très intéressante, une publication très récente évaluant l’évolution des IgE sériques avec l’âge dans une vaste cohorte de 6 370 patients allergiques, évoque une augmentation des IgE totales avec l’âge, et non une diminution, avec un pic dans le sous-groupe des plus de 85 ans (8). Les anti-IgE, une option de traitement pour l’asthme sévère pour certaines personnes âgées ?
D’après la présentation du Dr Chantal Raherison lors du symposium Novartis organisé dans le cadre du congrès.
(1) Com-Ruelle L et al. Bulletin d’information en économie de la santé. fev 2000(25) ; et Rapport CREDES n°1290, 2000
(2) Afrite A et al. Rapport IRDES n°549, 2011
(3) Pascal L et al. INVS, 2007. http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=3973
(4) Pascal L et al. Rev Mal Respir 2007;24:581-90
(5) Zureik M et al. Respiration 2002;69(3):223-8
(6) Raherison C et al. Allergy. 2004 Sep;59(9):940-5
(7) Slavin RG et al. Ann Allergy Asthma Immunol. 2006 Mar;96(3):406-14
(8) De Amici M et al. Allergy Asthma Immunol Res. 2013 May;5(3):170-4. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3636452/
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