Les dernières recommandations françaises sur la prise en charge de l’asthme, rédigées sous l’égide de l’ANAES (Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé) et de la SPLF, datent de 2004. Une actualisation s’imposait, d’autant plus que l’étude de l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) sur l’asthme, publiée en 2006 soulignait que 62 % des asthmes restaient non ou mal contrôlés et que différents rapports de la Caisse nationale d’assurance-maladie font état d’un excès de prescription d’associations fixes. « D’un point de vue épidémiologique, la situation n’est pas trop alarmante, car la mortalité par asthme continue de baisser », rappelle le Pr Chantal Raherison-Semjen. Le nombre de décès annuels est d’environ 900, comparativement à 2000 il y a une dizaine d’années. « Un net progrès à mettre au crédit d’un meilleur diagnostic de l’asthme et du recours au traitement de fond par corticothérapie inhalée ».
L’objectif de ces nouvelles recommandations est double : actualiser les données mais aussi se donner les moyens d’évaluer l’impact des recommandations, ce qui n’a pas vraiment été fait à l’issue de la version précédente. Le promoteur de ce travail est la SPLF et la méthodologie utilisée est celle préconisée par la Haute Autorité de santé. Le comité d’organisation, regroupant pneumologues, allergologues et généralistes, a défini le groupe de travail qui a établi les trois grandes questions auxquelles doivent répondre ces recommandations : 1) Comment évaluer le contrôle initial de la maladie ? 2) Comment adapter la stratégie en fonction du contrôle de la maladie, chez l’asthmatique contrôlé d’une part, chez le patient asthmatique non contrôlé d’autre part ? 3) Comment prendre en charge et traiter les exacerbations ?
Les recommandations vont ainsi définir des critères de suivi des patients, pour une stratégie de suivi basée sur le contrôle de l’asthme et non plus comme auparavant sur le contrôle et la sévérité de l’asthme, ce qui pouvait parfois prêter à confusion. Elles préciseront quand référer au spécialiste et expliciteront les outils pour évaluer leur impact, notamment auprès des médecins généralistes qui sont en première ligne.
Ces recommandations ne concerneront ni les nourrissons ni les petits enfants, pour lesquels il existe des recommandations spécifiques récentes de la Société française de pédiatrie. Par ailleurs, elles renverront aux recommandations existantes sur les épreuves fonctionnelles respiratoires et les allergies.
« L’enjeu est de faire un document simple, didactique, dans un format poche facilement utilisable par les praticiens, insiste le Pr Raherison-Semjen. La création éventuelle d’une application pour smartphone est en cours de discussion ».
Cette recommandation pour la pratique clinique devrait être publiée au cours du dernier trimestre 2014 dans la Revue des maladies respiratoires. Elle vise à améliorer encore la reconnaissance et le traitement de cette maladie chronique, dont la prise en charge se heurte toujours au problème de l’observance thérapeutique au long cours. « Certaines populations doivent être mieux ciblées : les sujets en situation de précarité et celles ayant des comorbidités, qui sont les moins bien contrôlées selon les données de l’étude de l’IRDES », conclut le Pr Chantal Raherison-Semjen.
D’après un entretien avec le Pr Chantal Raherison-Semjen, service des maladies respiratoires, pole cardio-thoracique, CHU Bordeaux. U897 ISPED, université de Bordeaux.
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