« Il est un petit peu tôt pour se prononcer (...) pour définir cette notion d'imputabilité », a admis le ministère de la Santé lors d'un point sur les retraits-rappels des laits infantiles avec le ministère de l'Agriculture et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
L'affaire dure depuis mi-décembre et a entraîné le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements chez un nouveau-né. Depuis, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs du marché en pleine croissance.
Trois décès ont été signalés chez des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels en France, seul pays européen dans ce cas, ainsi qu'une dizaine d'hospitalisations. À ce stade, aucun lien de cause à effet n'a été établi et des analyses sont en cours. Les investigations ne donneront pas forcément de réponse tranchée, selon le ministère de la Santé.
Plusieurs enquêtes judiciaires en cours
« La présence de toxine dans les selles ne permet pas à elle seule de conclure », car les symptômes « sont vraiment très peu spécifiques » et peuvent être liés à une gastro-entérite, a notamment exposé la représentante ministérielle. Interrogée sur les critères qui permettraient d'établir un lien, elle a renvoyé au « travail qui sera réalisé dans le cadre médico-légal » avec « l'ensemble des éléments que recueilleront les professionnels de santé autour d'un cas ».
Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours en France, notamment à Angers, Bordeaux et Blois, où sont décédés les trois nourrissons, charge aux différents parquets concernés de se prononcer sur le lien entre les décès et les laits. De plus, le parquet de Paris a ouvert ce vendredi 13 février plusieurs dossiers, notamment pour mise en danger de la vie d'autrui.
Les autorités françaises ont par ailleurs cherché à justifier la délégation d'analyses au laboratoire public belge Sciensano, en lien avec l'agence sanitaire française Anses. « Nos méthodes n'étaient pas aussi sensibles que les seuils fixés récemment par l'Agence européenne de sécurité sanitaire, l'EFSA », a déclaré un représentant de l'Anses, « on a proposé de travailler ensemble et de partager notamment les analyses sur la céréulide pour pouvoir aller plus vite dans les investigations ». Le ministère de l'Agriculture a aussi affirmé qu’« il n'y a pas de laboratoire de référence agréé pour Bacileus cereus et sa toxine parce que le besoin ne se faisait pas sentir auparavant ».
Jusqu'ici, la grande majorité des « centaines » de signalements reçus par les industriels et les autorités françaises concernent des lots de lait déjà rappelés, selon ce ministère. Mais certains concernent des lots n'ayant pas fait l'objet de rappels et « une grande vigilance » est « nécessaire » pour établir si des analyses complémentaires sont nécessaires. Deux signalements sur un même lot sont suffisants pour déclencher une recherche de céréulide, d'après la même source.
Des analyses sont en cours sur six lots après des signalements remontés par les agences régionales de santé et sur huit autres lots après des signalements sur la plateforme Signal Conso. Cela pourrait conduire à des rappels supplémentaires si des taux de céréulide supérieurs aux nouvelles recommandations de l'Efsa étaient détectés.
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