Le Cone beam CT

Une modalité aux multiples applications

Publié le 19/10/2015
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Figure 1. Bilan de canines incluses chez une adolescente de 15 ans. a. Examen panoramique mettant...

Figure 1. Bilan de canines incluses chez une adolescente de 15 ans. a. Examen panoramique mettant...
Crédit photo : DR

Figure 2. Pathologie dégénérative de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) chez une patiente...

Figure 2. Pathologie dégénérative de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) chez une patiente...
Crédit photo : DR

Figure 3. Traumatisme du poignet.Solution de continuité fracturaire du corps de l’os scaphoïde en...

Figure 3. Traumatisme du poignet.Solution de continuité fracturaire du corps de l’os scaphoïde en...
Crédit photo : DR

Le Cone beam CT (CBCT) connaît depuis quelques années un intérêt croissant en radiologie, à tel point qu’il est devenu une approche de référence en imagerie dentomaxillofaciale. Ce succès s’explique non seulement par ses performances exceptionnelles en termes de résolution mais aussi par les niveaux d’exposition délivrés, qui restent très largement inférieurs à ceux du CT-scan.

Des résolutions de l’ordre de 0,100 mm voire moins sont en effet disponibles à l’acquisition en imagerie CBCT, ce qu’aucun CT-scan n’est en mesure d’atteindre à ce jour. Dans ce contexte, le Cone beam CT s’est imposé comme une modalité de choix en imagerie diagnostique mais également comme support efficace à la planification chirurgicale. Les applications sont donc nombreuses et concernent pratiquement tous les champs disciplinaires de l’odontostomatologie.

Ankylose dentaire

Si l’imagerie des structures dentaires et osseuses est de grande qualité, la haute résolution a permis de progresser dans le diagnostic de certaines pathologies qui jusqu’à ce jour n’étaient pas détectables avec les approches radiographiques conventionnelles, voire même avec le CT-scan. Un des exemples les plus démonstratifs concerne la problématique de l’ankylose dentaire (figure 1). Certaines dents incluses, notamment les canines supérieures, constituent un défi thérapeutique autant sur le plan fonctionnel qu’esthétique. Leur mise en place sur l’arcade nécessitant une approche combinant chirurgie et orthodontie peut parfois s’avérer d’autant plus complexe qu’un processus d’ankylose peut fusionner la dent à son support osseux alvéolaire. Dans cette situation, un diagnostic précoce évitera bien des tentatives de mises en place inutiles, avec toutes les complications potentiellement associées, et permettra d’envisager le plus tôt possible la meilleure option thérapeutique. Au-delà de l’évaluation des rapports de cette canine incluse avec les racines des incisives voisines, l’imagerie CBCT permettra non seulement de préciser d’éventuelles résorptions radiculaires mais, grâce à sa haute résolution, sera à même de détecter un processus d’ankylose, d’en évaluer la sévérité et donc d’établir le pronostic de la dent incluse.

Simulation chirurgicale

La simulation chirurgicale est un autre volet d’application de l’imagerie CBCT qui suscite beaucoup d’intérêt. De par la qualité des images générées, les examens CBCT sont maintenant à la base de la planification de nombreuses procédures chirurgicales, aussi bien en implantologie qu’en chirurgie orthognathique ou encore en chirurgie reconstructive, notamment dans le cadre de la prise en charge des fentes alvéolo-palatines. Les récents développements en matière de modélisation et d’impression 3D sont autant de possibilités qui donnent accès en routine à des guides chirurgicaux de qualité, facilitant ainsi de nombreuses procédures chirurgicales comme la pose d’implants ou encore la correction chirurgicale de dysmorphoses maxillo-faciales.

ORL

Le niveau de qualité d’image en CBCT ouvre également des perspectives intéressantes en imagerie ORL. Les bilans sinus, par exemple, gagneraient beaucoup à être effectués au moyen d’une exploration CBCT. Même si le coût dosimétrique est légèrement supérieur à celui de la radiologie conventionnelle 3 incidences, l’efficacité diagnostique en serait néanmoins nettement améliorée. La haute résolution trouve également toute sa place pour l’exploration du temporal et plus spécifiquement celle de l’oreille osseuse. Pour certaines équipes, le CBCT a d’ailleurs supplanté le CT-scan pour le contrôle postopératoire de la mise en place d’implants cochléaires.

Pathologies ostéo-articulaires

En imagerie ostéo-articulaire, le CBCT est devenu la modalité de choix pour apprécier les manifestations osseuses des pathologies dégénératives de l’ATM (figure 2). D’autres environnements anatomiques sont actuellement explorés, notamment le poignet. À relativement court terme, le CBCT pourrait devenir l’indication principale des fractures impliquant le complexe carpo-métacarpo-phalangien (figure 3).

*Professeur titulaire de radiologie, CHU Montréal

** Radiologue, cabinet de radiologie et d’imagerie de Bischwiller

Matthieu Schmittbuhl* et Jean-François Matern**

Source : Bilan spécialiste