Les personnes atteintes d’un glaucome gagneraient à dormir sans oreiller. Selon des chercheurs de l’Université du Zhejiang, les oreillers, en modifiant la position du cou, occasionnent une compression de la veine jugulaire et par conséquent un mauvais drainage naturel de l’humeur aqueuse. Cette contrainte posturale favoriserait une hypertension oculaire qui, à terme, aggrave le glaucome. Ils avancent ainsi, dans un article publié dans le British Journal of Ophtalmology, que dormir sans oreiller est bénéfique en cas de glaucome.
La pression intra-oculaire varie déjà naturellement selon un rythme circadien avec des pics d’augmentation durant la nuit. « Les stratégies traditionnelles de gestion de la pression intra-oculaire nocturne se limitent principalement à augmenter les types et la fréquence des médicaments abaissant la pression, rappellent les auteurs. La modification de la posture de sommeil pourrait ainsi être une stratégie additionnelle pertinente ».
Les jeunes plus sujets aux écarts de pression
Dans leur étude, les auteurs ont observé l’effet sur la pression intra-oculaire de la position allongée sur le dos comparée à une position où la tête est surélevée de 20° à 35° grâce à deux oreillers de taille normale. Ils ont pour cela inclus 144 adultes atteints de glaucome, dont 70 présentaient une forme à tension normale, 65 un glaucome primaire à angle ouvert et 9 une pression intra-oculaire élevée. La pression intra-oculaire de l’œil droit a été mesurée toutes les 2 heures pendant 24 heures en position assise et allongée. En position couchée, leur tête a ensuite été surélevée de 20 à 35° à l'aide de deux oreillers de taille normale et leur pression intra-oculaire a été mesurée 10 minutes plus tard. Ils reprenaient ensuite leur position couchée sur le dos jusqu’à la mesure suivante. Quatre séries de mesures complètes ont été obtenues pour chaque participant, avec et sans oreillers.
Au total, 67 % des participants ont présenté une augmentation de la pression intra-oculaire lors du passage de la position couchée à la position surélevée, avec une augmentation moyenne d'environ 1,61 mm Hg. La position avec deux oreillers a également occasionné une diminution de la pression de la perfusion oculaire, correspondant à une diminution du flux sanguin dans l’œil. « Les jeunes adultes étaient beaucoup plus susceptibles d'avoir une différence de pression significativement plus élevée que les adultes plus âgés, tout comme les personnes atteintes de glaucome primaire à angle ouvert », ont également observé les chercheurs.
Les chercheurs ont ensuite recruté 20 volontaires sains pour observer la constriction de la veine jugulaire dans différentes positions. Ils ont confirmé que la position avec oreillers occasionnait une compression de la veine. « De précédentes recherches avaient déjà montré qu’une rotation de la tête induisait une constriction jugulaire ipsilatérale, illustrant la vulnérabilité de ces vaisseaux aux forces mécaniques externes via des changements de position de tête », ont ajouté les chercheurs.
Ces observations renforcent l’intérêt du changement de position comme intervention non médicamenteuse additionnelle pour diminuer la pression intra-oculaire chez les personnes atteintes d’un glaucome. Mais « des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats préliminaires », ont toutefois conclu les auteurs.
Dr Vincent Pradeau (Avenir Spé) : « Les spécialistes libéraux sont mobilisés et remontés comme jamais ! »
Le pilotage de précision des grossesses sous immunosuppresseurs
Sarcoïdose : souvent thoracique, mais pas que
Savoir évoquer une dermatose neutrophilique