Pour lutter contre l'érosion des prescriptions, tout médecin peut prescrire en ville une prophylaxie pré-exposition (PrEP) de l'infection à VIH. Une décision du gouvernement qui fait suite à l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS) d'avril.
La PrEP repose sur l'association de 200 mg d'emtricitabine et de 245 mg de ténofovir disoproxil, commercialisée en France sous le nom Truvada et sous la forme de génériques. L'instauration de la PrEP peut suivre deux schémas : un schéma continu en une prise d'un comprimé par jour ou un schéma discontinu consistant en deux comprimés à prendre simultanément dans les 24 heures qui précèdent le rapport sexuel (au plus tard deux heures avant), puis un comprimé 24 heures après la première prise et un dernier 24 heures après la deuxième prise. En cas de rapports répétés, il faut poursuivre le schéma avec un comprimé par jour, jusqu'à deux jours après le dernier rapport sexuel.
Engagement des médecins et patients
La HAS rappelle que la PrEP doit s'intégrer dans un ensemble de mesures de prévention du VIH et que la mise sous PrEP nécessite un engagement du médecin dans le suivi du patient mais aussi l’adhésion continue du patient. Elle apporte des lignes directrices pour l’identification et la sélection des patients, ainsi que la manière dont doit se dérouler la discussion. Les médecins sont en outre invités à se former à distance via FormaPrEP ou une formation médicale continue.
Si l’indication de PrEP est posée, celle-ci peut être initiée dès la première consultation. Il existe des contre-indications : personnes séropositives au VIH ou ne connaissant pas leur statut sérologique, insuffisance rénale ou hypersensibilité au ténofovir ou à l'emtricitabine. La première prescription est réalisée pour un mois et les renouvellements pour trois mois. La prise peut se faire en schéma continu ou discontinu, selon le profil et les besoins du patient.
L'ouverture de la prescription de la PrEP en ville a été motivée par la baisse des délivrances (- 36 %) et des instaurations (- 47 %) de PrEP pendant le premier confinement observé par le groupement d'intérêt scientifique Epi-Phare (ANSM-Cnam). Au début du mois de décembre, ce même groupement a publié des données qui montraient un redémarrage au premier semestre 2021. Il est encore trop tôt pour savoir si cette tendance est liée à l'élargissement de la prescription.
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