Près d’une femme sur dix en âge de procréer est atteinte d’endométriose, soit environ deux millions de patientes en France. Le retard diagnostique est estimé entre sept et dix ans. C’est dans ce contexte que Ziwig a développé Endotest : premier test salivaire diagnostique de l’endométriose bénéficiant d’une prise en charge précoce (dans le cadre du forfait Innovation), octroyée par la Haute Autorité de santé (HAS) le 11 février.
Le diagnostic d'endométriose repose actuellement sur un faisceau d’arguments cliniques et d’imagerie. Mais une imagerie normale n’exclut pas la maladie. « L’échographie pelvienne endovaginale est l’examen de première intention. En cas d’échographie négative ou douteuse, une IRM peut être réalisée. Toutefois, l’imagerie ne permet de visualiser que certaines formes d’endométriose, notamment les lésions profondes ou ovariennes. Les formes superficielles ou de petite taille peuvent passer inaperçues », assure le Pr Pascal Rousset, radiologue aux Hospices civils de Lyon.
Éviter les cœlioscopies inutiles et guider la prise en charge
Endotest ne se substitue pas à l’imagerie, mais vient en complément, notamment pour éviter des cœlioscopies diagnostiques inutiles, qui ne sont pas dénuées de risques (lésions d’organes, complications anesthésiques, décès). « Chez les patientes avec test positif et imagerie normale, il permet de poser un diagnostic d’endométriose débutante et d’instaurer un traitement, notamment hormonal, souvent mieux accepté lorsque le diagnostic est objectivé. À l’inverse, un test négatif permet de réorienter les patientes, sans perdre de temps, vers d’autres explorations, évitant une errance prolongée et des traitements inappropriés (par exemple, en cas d'infertilité) », affirme la Pr Perrine Goussault-Capmas, gynécologue-obstétricienne au CHU du Kremlin-Bicêtre (AP-HP).
Endotest est basé sur l’analyse de micro-ARN (ou miARN). Ces régulateurs de l’expression génétique sont capables de bloquer la transcription de certains gènes. « Des études ont mis en évidence un lien direct entre la dérégulation de certains miARN et le développement des lésions d’endométriose. Fondé sur la signature moléculaire d’un panel de 109 miARN salivaires spécifique de l’endométriose, Ziwig Endotest permet de diagnostiquer toutes les formes d’endométriose, quels qu’en soient le stade et la présentation », assure Yahya El Mir, président et fondateur de Ziwig, ajoutant que le résultat est donné en une dizaine de jours en moyenne.
Après une première étude pilote portant sur 200 patientes, publiée en 2021, plusieurs études de validation ont été menées, dont une nationale de grande ampleur. « En octobre 2024, la validation sur près de 1 000 patientes a confirmé une sensibilité et une spécificité élevées d'Endotest, compatibles avec un usage diagnostique. De son côté, la HAS a reconnu son caractère innovant et ses performances diagnostiques. Des données complémentaires sont toutefois nécessaires pour préciser son utilité clinique en pratique courante : la HAS a recommandé que ce test bénéficie d’un accès dérogatoire au remboursement dans le cadre du forfait Innovation », explique Yahya El Mir. Ce dispositif permet une prise en charge précoce avant la mise en place d’un remboursement généralisé et pérenne.
L’étude Endobest doit recueillir les données manquantes pour permettre à la HAS de se prononcer sur l’accès au remboursement de droit commun
Yahya El Mir, président fondateur de Ziwig
Un accès anticipé à Endotest dans 100 centres en France
Dans le cadre du forfait Innovation, 25 000 patientes peuvent actuellement accéder en France à Ziwig Endotest dans les 100 centres hospitaliers participant à l'essai clinique Endobest. « Cette étude évalue l'impact de Ziwig Endotest sur la décision médicale et la prise en charge des patientes présentant des douleurs pelviennes chroniques invalidantes, évocatrices d’endométriose et présentant un bilan d’imagerie de référence négatif ou incertain. Endobest doit recueillir les données manquantes pour permettre à la HAS de se prononcer sur l’accès au remboursement de droit commun », précise le président de Ziwig.
La phase d’inclusion des 2 500 patientes ayant été achevée, une cohorte additionnelle de 22 500 patientes peut bénéficier de l’accès anticipé à Ziwig Endotest dans les 100 centres de l’étude. « En cas de suspicion d'endométriose malgré un bilan d'imagerie négatif, les médecins généralistes, les gynécologues et les sages-femmes peuvent donc adresser leurs patientes à l'un de ces centres afin de confirmer ou d'infirmer le diagnostic d'endométriose », note la Pr Goussault-Capmas. Endotest est déjà disponible dans 37 pays en Europe et ailleurs (Norvège, Suisse, Turquie, États-Unis, Canada, Brésil, Inde, Émirats arabes unis, etc.).
Tout en continuant ses travaux dans l’endométriose, Ziwig a mis en place des essais cliniques pour développer des tests salivaires (fondés sur la détection de micro-ARN) améliorant le diagnostic et la prise en charge d'autres pathologies gynécologiques (cancer de l’ovaire, des kystes bénins, et des tumeurs frontières) et de maladies neurologiques telles que la sclérose latérale amyotrophique.
D’après une conférence de presse de Ziwig
Dr Vincent Pradeau (Avenir Spé) : « Les spécialistes libéraux sont mobilisés et remontés comme jamais ! »
Le pilotage de précision des grossesses sous immunosuppresseurs
Sarcoïdose : souvent thoracique, mais pas que
Savoir évoquer une dermatose neutrophilique