Un combo gagnant arGLP1/probiotiques ?

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Publié le 16/06/2025
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L’association du dulaglutide avec des probiotiques améliore et renforce tous les effets du médicament chez des diabétiques de type 2, probablement grâce à la modulation du microbiote intestinal. Des essais à plus grande échelle et à long terme sont nécessaires pour confirmer ces bénéfices.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Une étude s’est penchée sur l’intérêt d’associer des probiotiques à un agoniste du GLP1 chez des patients atteints de diabète de type 2 (DT2) pour améliorer éventuellement ses effets métaboliques, sur les cellules bêta, les facteurs de risque cardiovasculaire (CV) et le microbiote intestinal (1).

Soixante adultes en surpoids ou obèses (IMC ≥ 24 kg/m²) atteints de DT2 (HbA1c [6,5-11] %), ont été randomisés. Le groupe témoin recevait dulaglutide 1,5 mg/semaine et un placebo. Le groupe d’intervention, du dulaglutide 1,5 mg/semaine et des probiotiques, contenant Bifidobacterium longum 2 × 10⁹ UFC/dose, le tout pendant 12 semaines.

L’HbA1c, la glycémie à jeun [GAJ], 2 heures après le repas [GA2h], les marqueurs inflammatoires (TNF-α, CRP), les facteurs de risque cardiovasculaire (tension artérielle, lipides), ont été mesurés et le microbiote intestinal et la sécurité évaluée.

Amélioration de tous les paramètres

Résultats, le groupe d’intervention a montré des réductions plus importantes de l’HbA1c (- 1,06 % contre - 0,35 %, p = 0,028), de la GAJ (- 4,16 contre - 3,92 mmol/L, p = 0,010) et des marqueurs inflammatoires (TNF-α : - 43,6 % contre - 33,3 %, p < 0,001). La fonction des cellules bêta pancréatiques s’est améliorée significativement (HOMA-β : + 34,7 % contre + 23,1 %, p = 0,034), avec une augmentation des composants bénéfiques du microbiote intestinal (+ 2,1 × 10⁶ Lactobacillus contre + 1,3 × 10⁶ UFC/g, p < 0,001). L’incidence de l’hypertension (0 % contre 13,3 %, p = 0,038) et de la dyslipidémie (0 % contre 16,7 %, p = 0,020) était également plus faible dans le groupe d’intervention.

Les deux schémas thérapeutiques ont été bien tolérés, sans hypoglycémie sévère ni toxicité rénale/hépatique.

Une démonstration effective

Cette étude illustre pour la première fois de façon très démonstrative les bénéfices des probiotiques (de certains du moins) sur le contrôle des paramètres clés de sujets avec DT2, et plus encore de ceux recevant un agoniste du GLP1 qui déjà, en lui-même, semble en mesure d’améliorer le microbiote intestinal. Le microbiote suscite beaucoup de publications et d’espoir… avec encore assez peu de démonstrations effectives.

Cette étude évoque en outre la possibilité d’une modulation des bénéfices des agonistes du GLP1 par le microbiote, ce qui pourrait rendre compte de la variabilité des réponses à ces thérapeutiques, selon le sexe ou d’autres paramètres (IMC, déséquilibre glycémique), avec peut-être une clé à la notion de plus ou moins bon répondeur. Soit de multiples éclairages nouveaux et perspectives. L’avenir dira si ces bénéfices se traduisent par une réduction des évènements cardiovasculaires.

(1) Tian J, Yang Y, Yu Z, Gao Y, Zong X, Wu Q, Su H, Cao W, Xu D. Comparative evaluation of dulaglutide alone vs. dulaglutide combined with probiotics oncardiovascular risk factors in T2DM. Hormones (Athens). 2025 Apr 11

Pr Serge Halimi, Professeur Émérite, Université Grenoble-Alpes

Source : lequotidiendumedecin.fr