Selon les travaux d'une équipe de l'université de Genève publiée dans « Nature Cell Biology », les cellules α du pancréas, dont le rôle est de produire du glucagon, sont capables de changer de fonction dès lors qu'elles ne perçoivent plus l'insuline dans leur environnement, afin de compenser ce manque.
L'identité des cellules matures n'est pas figée, selon des chercheurs suisses. Ces derniers ont mis en évidence un phénomène de plasticité cellulaire en étudiant les mécanismes sous-tendant la capacité des cellules α du pancréas, sécrétrices de glucagon, à produire de l'insuline chez des souris dont les cellules β ont été altérées ou détruites. « Une grande surprise », indique au « Quotidien » Fabrizio Thorel, co-auteur de l'étude parue dans « Nature Cell Biology ».
« Nous avons décrit le phénomène de reprogrammation des cellules pancréatiques dès 2010 chez la souris. Cette nouvelle étude met en lumière une partie des signaux qui gouvernent cette conversion », présente Fabrizio Thorel.
Une situation hybride
« Nous avons été étonnés de constater que des cellules différenciées, fonctionnelles et matures sont en fait capables de changer d'identité, souligne le chercheur. Le maintien de l'identité cellulaire est en fait un processus actif. Lorsque ce processus est perturbé, la cellule peut perdre son identité d'origine. »
Dans le cas des cellules pancréatiques, les cellules α se convertissent en cellules β pour compenser le manque d'insuline. « Tant que les cellules α "perçoivent" l'insuline produite par les cellules β, elles maintiennent leur identité. Mais lorsque l'insuline n'est plus produite, un signal local fort est envoyé aux cellules α, conduisant à l'expression de certains gènes, dont celui de l'insuline normalement exprimée par les cellules β, par les cellules α », explique Fabrizio Thorel, précisant que toute la cascade de signalisation n'a pas encore été identifiée.
Toutefois, la cellule α ne perd pas totalement son identité première. « Elle se trouve dans une situation hybride : alors que l'expression de certains gènes spécifiques de la cellule α va être renforcée, elle va dans le même temps exprimer les gènes de la cellule β », précise le chercheur.
Perspectives thérapeutiques
En revanche, toutes les cellules α ne se convertissent pas. Pourtant, « nous avons montré que toutes ces cellules avaient cette capacité. Pourquoi certaines le font et d'autres non ? Nous ne le savons pas encore ».
En parallèle, des études sont menées sur des îlots pancréatiques humains. « Les travaux ne sont pas encore finis, mais a priori, la même capacité de conversion cellulaire devrait être conservée chez l’homme », avance Fabrizio Thorel.
Ces découvertes laissent entrevoir des perspectives thérapeutiques pour les patients atteints de diabète de type 1, avec la possibilité de promouvoir davantage ce phénomène compensatoire.
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