À l'occasion d'une visioconférence organisée mardi soir par le Conseil national de l'ordre des médecins, le « M. vaccin » du gouvernement, le Pr Alain Fischer, a répondu à un certain nombre de questions relatives à la campagne de vaccination.
L'immunologiste a tenté de se montrer clair et didactique pour répondre, sans flancher, à une série de questions, — triées sur le volet parmi les 1 500 mails reçus par le CNOM, posées par des médecins des quatre coins de la France.
AstraZeneca, partie intégrante de la stratégie vaccinale
Sollicité à plusieurs reprises au sujet de la vaccination avec AstraZeneca, le professeur d'immunologie a souligné l'importance de ne pas négliger son utilisation alors qu'encore « 5 millions de Français de plus de 55 ans n'ont toujours pas été vaccinés » :
« Je rappelle que pour les personnes âgées de plus de 55 ans nous sommes dans une situation d'analyse bénéfice-risque extraordinairement favorable. On ne peut pas se permettre de ne pas utiliser ce vaccin. À ce jour 2,3 millions de doses n'ont toujours pas été utilisées. À chaque fois qu'un vaccin AstraZeneca n'est pas administré, c’est une vaccination qui est retardée d’au moins un mois en moyenne », a-t-il regretté.
Interrogé un peu plus tard sur la conduite à adopter en tant que praticien « face à des patients qui refusent de recevoir leur deuxième dose » d'AstraZeneca, le professeur d'immunologie a déclaré, d'un ton assuré :
« Je pense qu’il faut tenir bon, être ferme. Il faut évidemment expliquer les éléments qui permettent de recommander cette vaccination mais je pense qu’il ne faut pas céder. Si on cède, c'est la situation qui s'aggrave et la campagne vaccinale qui est retardée », a-t-il assuré. »
S'agissant des patients âgés de moins de 55 ans ayant reçu une première dose de vaccin AstraZeneca, il a estimé que les médecins pouvaient rassurer leurs patients sur « l'efficacité d'une vaccination hétérologue » (première injection avec un vaccin à adénovirus et seconde injection avec un vaccin à ARN) et assuré :
« Il n’y a pas d’inquiétude particulière à avoir. Cela peut juste provoquer de légères réactions dans les 48 heures qui suivent mais il n'y a pas de toxicité particulière. »
Vacciner les enfants pour atteindre l'immunité collective ?
Lors de son intervention, le Pr Alain Fischer a estimé que la vaccination des adolescents (de 12-15 ans dans un premier temps), n’était pas exclue pour atteindre une « immunité collective » satisfaisante :
« La notion d’immunité de groupe va être difficile à atteindre si on ne vaccine que les adultes, il faudrait que 95 % d'entre eux soient vaccinés. Nous pouvons atteindre cette immunité collective si 75 % des Français (enfants compris) sont vaccinés. » Le spécialiste en pédiatrie a toutefois estimé que la vaccination des enfants était « un plus » et qu'il ne s'agissait pas de les vacciner « à la place des adultes ».
L'immunologue conditionne toutefois cette possibilité au retour d'expérience, prévu ces prochaines semaines, « de la vaccination chez les adolescents aux États-Unis et au Canada » qui permettra d'en « tirer des leçons, surtout en termes de sécurité ».
Pour les vacances : raccourcir les délais plutôt qu'allonger
Les questions adressées à l'attention du Pr Alain Fischer lors de cette rencontre ont également révélé une certaine inquiétude chez les médecins s'agissant de la poursuite de la vaccination pendant les vacances d'été.
Certains Français partiront en vacances sur la période à laquelle la seconde dose était initialement prévue « Comment donc adapter les délais ? », a interrogé un généraliste.
À cette question, le Pr Alain Fischer a répondu qu'il fallait dans la mesure du possible respecter l'intervalle établi, soit « un optimal de 6 semaines pour le vaccin Pfizer ». Il a toutefois estimé qu'il était préférable de « raccourcir à 4 ou 5 semaines » le délai entre la première et la seconde dose « plutôt que la rallonger à 8 semaines ».
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