Rustine à la pénurie médicale, la téléconsultation continue à faire des adeptes. Après un pic en lien avec la crise sanitaire puis une période de recul, le nombre de téléconsultations pratiquées en France est reparti à la hausse en 2024, avec 13,9 millions d’actes effectués, soit une progression de 20 % par rapport à 2023. Cette dynamique se retrouve en 2025 par une initiative originale de l’Association des maires ruraux de France (AMRF).
Concrètement, l’association a signé une convention avec la plateforme privée Qare. Etabli pour trois ans, ce contrat a été officialisé le 8 décembre à Varzy (Nièvre), en présence notamment de Michel Fournier, ministre délégué à la Ruralité. Le dispositif entre dans le cadre du programme de l’AMRF « Elu-e Rural-e, Relais pour l’égalité », dans lequel l’équité territoriale des soins figure parmi les priorités.
L’objectif est de développer une offre de téléconsultation en aménageant des locaux dédiés dans les mairies, tiers-lieux, maisons de santé libérales et maisons France Services de petits villages, alors équipés d’un ordinateur ad hoc dont peuvent se servir les habitants.
Qare met à disposition des élus et de leurs administrés les 2 800 praticiens de son équipe, dont 2 200 généralistes et 340 psychiatres et psychologues, 7 jours sur 7 de 7 à 23 heures. 80 % de ces médecins sont salariés de Qare et 20 % sont libéraux ; ils exercent sous deux types de contrats différents. Le premier est un contrat intermittent à durée indéterminée adapté aux médecins hospitaliers, aux remplaçants, à ceux à l’activité mixte et aux retraités actifs. Ils sont mis en relation avec une patientèle supplémentaire via un accès à la plateforme. Le second contrat s’adresse davantage aux médecins libéraux, la plateforme Qare leur permet de téléconsulter avec leur propre patientèle ou bien de l’élargir. Selon la réglementation en vigueur, les médecins, peu importe leur type de contrat ou leur mode d’exercice, peuvent consacrer 20 % de leur activité à la téléconsultation.
Le partenariat avec l’association des maires ruraux implique une nouvelle patientèle et des consultations (sans reste à charge) plus nombreuses, « essentielles à la réduction des inégalités d’accès à la santé », espère le maire de Varzy (Nièvre) et vice-président de l’AMRF chargé de la santé Gilles Noël.
Une prise de rendez-vous rapide
« L’ambition est de renforcer l’accès aux soins dans les territoires, et nous, les maires ruraux, il nous faut pouvoir proposer des solutions concrètes aux besoins de santé des administrés », continue l’édile de la commune de 1 000 habitants. Tous les élus ruraux volontaires peuvent mettre en place le dispositif. Une courte formation dispensée par Qare leur permettra d’apprendre à manier l’outil informatique et à transmettre ces savoirs aux patients, surtout pour les personnes âgées éloignées des usages numériques, qui doivent tout de même prendre rendez-vous au préalable sur l’appli Qare via leur smartphone ou sur Internet.
L’idée est aussi de devenir « un tiers de confiance », selon Gilles Noël, pour repérer et venir en aide aux femmes victimes de violences. C’est notamment en raison de la prise en charge de ce public « vulnérable » que les délais de prise de rendez-vous se veulent rapides, « entre 15 et 30 minutes ». Mais si les administrés des 14 000 communes de moins de 3 500 habitants représentées par l’AMRF affluent sur l’application mobile ou internet, ils risquent mécaniquement de s’allonger. « Nous verrons s’il faut renforcer le temps médical avec des médecins supplémentaires pour soutenir le dispositif, défend Sylvie Nhansana, CEO de Qare. Nous démarrons avec nos effectifs actuels, nous verrons s’il faut épaissir nos rangs. »
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