« Seules les bêtes »
Quoi de commun entre la campagne française, les Causses en l'occurrence, avec ses éleveurs très isolés, et la ville africaine d'Abidjan, avec ses près de 5 millions d'habitants et ses jeunes en quête d'argent, qui peuvent se faire « brouteurs » ? Réponse dans le film de Dominik Moll (« Harry, un ami qui vous veut du bien », « le Moine »), qui, avec Gilles Marchand, a adapté le roman policier du même titre de Colin Niel, lauréat de plusieurs prix en 2017.
Le point de départ est classique : un jour de tempête, sur le Causse Méjean, une femme disparaît. On va ensuite découvrir, avec une séquence pour chaque personnage, les événements qui ont mené là et qui vont finir par se recouper. Une construction qui favorise le suspense, à condition d'accepter quelques coïncidences moyennement crédibles.
On suit quoi qu'il en soit avec curiosité un récit qui passe allègrement des inquiétants paysages enneigés du Causse aux rues encombrées d'Abidjan, et des passions solitaires à l'amour fantasmé sur Internet. D'autant qu'on apprécie les acteurs : Laure Calamy, Denis Ménochet, Damien Bonnard, la prometteuse Nadia Tereszkiewicz, Valérie Bruni Tedeschi…
« Brooklyn Affairs »
Acteur qui n'a plus rien à prouver, Edward Norton est aussi réalisateur et cela fait longtemps qu'il voulait adapter le roman de Jonathan Lethem « les Orphelins de Brooklyn » (1999). Ce dernier bouleverse les codes du polar, notamment en faisant de son détective, outre un orphelin qui a grandi dans les quartiers interlopes de Brooklyn, un homme souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette et de troubles obsessionnels compulsifs.
Tout en admirant le travail de celui qui a transposé en français pour les sous-titres les jeux de mots et la coprolalie du personnage principal, que joue lui-même Norton sans se restreindre, on se demande si on va pouvoir supporter la chose pendant les deux heures et vingt-quatre minutes que dure le film. Mais bien sûr, il ne s'agit pas ici de description pathologique, le but du cinéaste étant de « redonner au film noir sa fonction première : révéler les secrets les plus sombres de l'Amérique ».
L'action se situe en 1957, un moment où le vieux New York se transforme en une métropole moderne. L'enquête que mène le héros après le meurtre de son patron va mettre à jour des combines politiques et urbanistiques au plus haut niveau de la municipalité, aux dépens des pauvres et des Noirs (qui sont souvent les mêmes), pour le dire vite. Le tout s'inspirant de plus ou moins près de figures de l'histoire new-yorkaise.
Il y a les indispensables rebondissements, parfois sans surprise, et le plaisir de se promener dans un New York mythologique, des clubs de jazz de Harlem (et toute la musique qui va avec, jouée par Wynton Marsalis) aux quartiers populaires de Brooklyn en passant par le centre de Manhattan et jusqu'à la gare Penn Station reconstituée telle qu'elle était à l'époque. Sans oublier les Borsalinos et imperméables de rigueur. Bruce Willis, Alec Baldwin, Willem Dafoe sont de l'aventure, dans une très riche distribution.
Et aussi
« Le Meilleur reste à venir » : sept ans après « le Prénom », la nouvelle comédie d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte réunit Fabrice Luchini et Patrick Bruel, dans le rôle de deux amis, qui, persuadés chacun que l'autre est condamné par la maladie, décident de profiter à plein du temps qui reste.
« It Must be Heaven » : un conte burlesque du cinéaste palestinien Elia Suleiman, regard sur un monde où l'état d'urgence se banalise (mention spéciale du jury au festival de Cannes).
Et pour les jeunes, d'âge ou d'esprit, « Jumanji : Next Level », la suite des aventures des héros perdus dans un jeu vidéo très dangereux, et « la Famille Addams », version animation.
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