Les revalorisations d'honoraires auront jalonné 2017. A cinq reprises – de mai à novembre – des cotations plus favorables ont fait leur apparition, très souvent conditionnées à un exercice aux tarifs opposables ou maîtrisés (OPTAM ou OPTAM-CO pour les chirurgiens et obstétriciens).
Le G à point nommé
Aboutissement d'un long combat tarifaire mené par les syndicats, la consultation de référence du médecin généraliste aux tarifs opposables passe de 23 à 25 euros au 1er mai à la faveur d'une majoration de deux euros (MMG). L'acte de base du médecin de famille est désigné par la nouvelle lettre clé simplifiée G (C + MMG). La visite à domicile (VG) grimpe à 35 euros (dont 10 euros de majoration de déplacement) et les actes coordonnés du généraliste à 28 euros, à la faveur de la majoration de 3 euros (MCG). La prise en charge des enfants de moins de six ans est valorisée à 30 euros grâce à la majoration de 5 euros (MEG).
Le mois de mai marque aussi des changements pour les pédiatres. Les majorations MPE et MNP disparaissent au profit de nouvelles cotations : une majoration enfant pédiatre (MEP) de 4 euros pour les moins de 6 ans ; un nouveau forfait pédiatrique (NFP) de 5 euros pour les moins de 2 ans ; et un forfait enfant (NFE) de 5 euros pour les 2 à 16 ans. Pour résumer, le pédiatre à tarifs opposables touche désormais 32 euros pour les moins de six ans mais toujours 28 euros pour un enfant de 6 à 16 ans.
Accessible aux généralistes et aux pédiatres, une consultation obligatoire de l'enfant (COE, 39 euros puis 46 euros en novembre), a été instaurée pour les enfants au 8e jour, 9e mois et 24e mois.
Les consultations coordonnées dopées au 1er juillet
L'été apporte également quelques avancées tarifaires. Dès le 15 juin, la valeur du modificateur K (coefficient multiplicateur) applicable aux actes de chirurgie et d’accouchement est portée de 11,5 % à 20 %. Quelque 270 actes supplémentaires bénéficient de cette augmentation. Il s'agit de valoriser le tarif de ces actes (sanglants non répétitifs réalisés en bloc opératoire) dès lors qu'ils sont réalisés par les praticiens de secteur I ou adhérant à l’option pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM-CO), ou quand ils sont facturés au tarif opposable aux patients bénéficiant de la CMU-C et de l’ACS, ou en urgence. Pour les anesthésistes, le modificateur 7 de la CCAM est revalorisé de 4 % à 6 %.
Le 1er juillet, la coordination devient mieux valorisée. La majoration généraliste (MCG, rare) et celle de coordination spécialiste (MCS, valorisant le travail de correspondant) passent de 3 à 5 euros, portant ces consultations coordonnées à 30 euros. A la même date, les psychiatres, neuropsychiatres et neurologues) voient leur consultation de base (CNPSY) et leur visite (VNPSY) passer à 39 euros. Pour les cardiologues, la consultation spécifique au cabinet (CSC) à 47,73 euros.
En octobre cette fois, l'avis ponctuel de consultant (APC) vient remplacer le C2 (passant de 46 à 48 euros). Pour les psychiatres, neuropsychiatres et neurologues, cet avis d'expert passe à 60 euros – contre 57,50 euros. Dans les deux cas, les spécialistes doivent adresser leurs conclusions et propositions thérapeutiques au médecin traitant.
Enjeu de santé publique
Les dernières « revalos » de 2017 se concrétisent le 1er novembre. Elles portent sur des consultations à fort enjeu de santé publique, complexes et très complexes. Une vingtaine de majorations de 16 ou 30 euros sont créées pour valoriser ces consultations longues. Elles s'adressent à une large palette de spécialités – néphrologues, dermatologues, rhumatologues, gynécologues, pédiatres, etc. Cette hiérarchisation des actes cliniques, une première, était une demande forte de la profession, même si le résultat ne fut pas à la hauteur des attentes.
Pour le médecin traitant, la visite longue (VL) cotée 60 euros (hors majoration de déplacement) cible les patients atteints de maladies neurodégénératives. Au menu aussi : la première consultation contraception (CCP, 46 euros) ou la prise en charge d'un enfant avec une pathologie chronique grave (CCE, 60 euros) par les pédiatres.
Dernière étape, à venir : au 1er janvier 2018, des majorations d'urgence sont programmées. Elles valorisent la prise en charge d'un patient sous 48 heures, à la faveur d'une majoration de 15 euros (MCU) pour les médecins correspondants et d'un bonus de 5 euros (MTU) pour les médecins traitants. Une majoration MRT (15 euros) est prévue pour les consultations en urgence sur régulation du 15 ou du 116 117.
Au 1er janvier toujours, un nouveau forfait patientèle médecin traitant (MTF) unique doit se substituer aux forfaits existants. Il est indexé sur la patientèle et ses caractéristiques (âge, pathologie, précarité): six euros pour les enfants de moins de six ans, 42 euros pour les personnes âgées de plus de 80 ans ou pour les ALD, 5 euros pour les patients de sept à 79 ans (hors ALD), etc. Le montant moyen annuel estimé de ce forfait est de 15 000 euros par médecin.
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