LE QUOTIDIEN – Les médecins les attendent depuis le vote d’HPST, les guichets uniques à l’installation entrent en service. Quels effets attendez-vous de ces PAPS ?
NORA BERRA – La question est plutôt de savoir ce que les médecins – et, au-delà, les professionnels de santé – en attendent ! Car mon rôle à moi est de leur faciliter l’accès à l’information, à la connaissance et aux moyens mis à leur disposition. Par le biais de diverses enquêtes, ces professionnels ont fait savoir qu’ils éprouvaient des difficultés à rassembler les informations utiles et nécessaires pour leur installation : une bonne politique publique se doit de leur répondre.
De plus, nous considérons – et le président de la République au premier chef – que leurs difficultés d’accès à l’information sont un frein à l’installation, en particulier dans des zones où les besoins ne sont pas couverts (les déserts médicaux par exemple).
Les plates-formes ont été testées pendant quelques mois en Franche-Comté et en Bourgogne. Quels ont été les résultats de ces expérimentations ?
Dans ces deux régions, l’administration centrale a travaillé étroitement avec les ARS pour élaborer l’outil lui-même. Le Franche-Comté et la Bourgogne ont donc été à la manœuvre pour construire et proposer une maquette, à partir de leur connaissance du terrain et avec leurs partenaires habituels (assurance-maladie, représentants des professionnels de santé...).
Finalement, pourquoi avoir choisi des sites Internet plutôt que des guichets physiques ?
L’un n’empêche pas l’autre ! Mais nous vivons une période où les nouvelles technologies sont devenues incontournables et je ne crois pas que nous aurions pu envisager un guichet unique pour les professionnels de santé et ne pas imaginer un lieu où ils puissent accéder à toutes les informations (sur l’installation, mais aussi sur la formation initiale et continue, sur les conditions de l’exercice regroupé…) sans avoir à se déplacer. Un accès immédiat à l’information est indispensable. Mais pour autant, cela n’exclut pas que les professionnels aient un interlocuteur privilégié au sein des ARS – un ou plus puisqu’ils sont une équipe de 4 personnes en Franche-Comté.
Quel est le budget de création des PAPS ?
Elles n’ont pas coûté un euro puisque le travail a été fait avec les ressources disponibles au sein des ARS – et il y a des compétences dans les agences ! –, conjointement avec les services centraux du ministère. Et au bout du compte, le résultat est très satisfaisant pour une version 0 dont je rappelle qu’elle a vocation à évoluer à l’échelle des régions et des besoins.
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