ILS SONT PEU NOMBREUX mais leur importance croît : ils représentent 9,4 % des nouveaux inscrits, contre 8,6 % l’an dernier. Qui sont les 1 211 jeunes médecins qui se lancent dans l’exercice libéral, pourtant peu prisé aujourd’hui ?
Première constatation, ce choix n’est plus l’apanage des hommes, puisque les femmes comptent pour la moitié des nouveaux inscrits. Encore moins des célibataires : 86 % des répondants vivent en couple et 67 % ont des enfants. Sans surprise, ces libéraux, en majorité des généralistes (ou des ophtalmologues et anesthésistes) s’installent de préférence près de leur lieu de formation ou dans les régions attractives : l’Ile-de-France, la région Rhône-Alpes, et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, au détriment notamment du Centre qui ne parvient à conserver que 27 % de ses diplômés. Mais de très fortes disparités existent entre les départements. « La présence d’une faculté de médecine est déterminante pour l’installation des jeunes confrères ».
Contrairement aux craintes actuelles, ces libéraux ne fuient pas les campagnes, puisqu’un quart d’entre eux s’est installé dans une commune de moins de 2 000 habitants. Mais ils se démarquent des anciens par le choix de l’exercice regroupé. 56 % des répondants travaillent dans un groupe monodisciplinaire, 14 % dans un groupe pluridisciplinaire et seulement 30 % en cabinet individuel (voir camembert).
« Signal positif », juge Patrick Romestaing, président de la section santé publique et démographie médicale du CNOM, la grande majorité est satisfaite de son métier. 86 % des répondants recommanderaient à un confrère l’exercice libéral, en raison de l’indépendance dont ils jouissent, du contact privilégié avec la patientèle, et de la liberté de gestion du temps. Ils sont également 86 % à souhaiter rester dans le secteur libéral ces 10 prochaines années.
« Nous y voyons un message encourageant mais il faut aussi entendre leurs préoccupations d’exercice », temporise Patrick Romestaing dans son éditorial. Les nouveaux inscrits se plaignent en effet de la lourdeur des tâches administratives et de la gestion financière du cabinet. Au chapitre de leurs attentes, arrivent donc logiquement en tête les aides incitatives à l’installation et la simplification des démarches administratives.
Burn out.
Logiquement également, ces charges ainsi qu’un temps de travail journalier trop important sont les premières raisons invoquées par ceux qui ont en 2010 dévissé leur plaque avant l’âge de la retraite. Un tiers de ces 903 libéraux par le même de burn out et souffre de la dévalorisation de la profession.
Âgés de 54 ans en moyenne, ils reflètent un autre exercice de la médecine. Surtout implantés dans les villes moyennes (Montpellier, Nice, Strasbourg…), peu présents dans les campagnes (11 % travaillaient en secteur rural), ce sont majoritairement des hommes (64,2 %) installés en cabinet individuel pour 42,2 %.
Si plus d’un médecin sur deux a continué une activité régulière (seulement 17,5 % font des remplacements et 18,8 % sont devenus des retraités actifs), ils privilégient désormais le salariat et l’hôpital.
Leur désillusion est grande : 90,3 % des répondants ne souhaitent pas reprendre une activité libérale et près de la moitié ne conseilleraient pas à un proche de faire des études de médecine.
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