COMME de nombreux départements, la Seine-et-Marne (77) souffre d’un déficit de médecins. Selon les chiffres publiés dans les atlas régionaux de l’Ordre des médecins, sa densité médicale est de 223 médecins actifs pour 100 000 habitants pour une moyenne nationale de 290. Plus de 4 médecins pour 10 sont âgés de plus de 55 ans. La permanence des soins est difficile à organiser, les généralistes qui partent à la retraite ne sont pas tous remplacés et les délais de rendez-vous chez certains spécialistes s’allongent. Face à ce constat, le Conseil général a décidé de frapper un grand coup. Avec plusieurs partenaires, la Fédération hospitalière de France (FHF), les unions régionales des médecins libéraux (URML), l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH, absorbée par l’ARS), les maires, l’Ordre, les facultés et les structures d’internes, la Région d’Ile-de-France, l’Union régionale des caisses d’assurance-maladie (URCAM) et la Mutualité sociale agricole (MSA), il a élaboré un plan censé inverser la tendance d’ici à 5 ans et permettre de recruter de nouveaux médecins.
Plusieurs actions visent à renforcer l’attractivité de la Seine-et-Marne et à aider l’installation. Le Conseil général octroie des bourses de 1 000 euros par mois pendant 3 ans pour les étudiants de 3e cycle en échange d’un engagement à exercer pendant 5 ans dans un secteur déficitaire du département. Les partenaires se sont engagés à améliorer l’accueil et les conditions d’hébergement des stagiaires et des internes qui sont loin de leur faculté ; à favoriser leur déplacement vers les hôpitaux ou les lieux de stage ; et à recruter des maîtres de stage libéraux. Le regroupement des médecins au sein de maisons médicales pluridisciplinaires et les réseaux professionnels sont également promus dans le cadre de ce plan.
Des lieux d’information et d’aide pour accompagner les professionnels de santé lors de leur installation seront mis en place. Le Conseil général entend aussi permettre aux médecins confirmés d’effectuer des vacations dans des cabinets secondaires en zones déficitaires, tout en étant remplacés sur leur cabinet principal par un médecin salarié ou un étudiant. Enfin, un « coaching » à l’installation sera mis en place pour faciliter la recherche d’un logement, d’un mode de garde, d’une aide ménagère ou d’un emploi pour le conjoint.
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