Si vous exercez en tant que médecin salarié, vous pouvez déduire vos frais professionnels de deux façons : soit forfaitairement sous forme d’un abattement égal à 10 % de votre salaire imposable et, dans ce cas, vous n’avez rien à faire puisque cet abattement (plafonné à 12 502 euros) est appliqué automatiquement par l’administration, soit en calculant et en déclarant les frais réels liés à l’acquisition de votre salaire. Pour choisir la solution la plus avantageuse, vous devez donc faire la liste de vos frais professionnels.
Les frais de transport du domicile au lieu de travail
Si la distance entre votre domicile et votre lieu de travail salarié est inférieure à 40 km, l’administration considère que cette distance est « normale » et vous pouvez déduire la totalité du trajet. Vous devez toutefois pouvoir justifier le moyen de transport que vous avez utilisé ainsi que la fréquence et l’importance des déplacements.
Au-delà de 40 km, vous ne pourrez déduire la totalité du trajet que si l’éloignement entre votre lieu de travail et votre domicile n'a pas été dicté par des raisons de pure convenance personnelle. Parmi les explications que vous pouvez donner à l'administration pour justifier cet éloignement, on trouve, selon le Bulletin officiel des impôts : la difficulté à trouver un emploi à proximité du domicile, une mutation géographique professionnelle, l’exercice d’une activité professionnelle par votre conjoint, votre état de santé ou celui des membres de votre famille (y compris les parents et beaux-parents), les problèmes de scolarisation de vos enfants, l’exercice de fonctions électives au sein d’une collectivité locale. Si l'éloignement est jugé anormal, vous pourrez quand même déduire deux fois 40 kilomètres par jour.
L'administration n'accepte en principe que les frais de transport afférents à un seul aller et retour quotidien. Mais il peut en être autrement si vous justifiez de circonstances particulières permettant de regarder le fait d'effectuer deux trajets aller-retour chaque jour comme inhérent à votre emploi : problèmes personnels de santé, existence au domicile de personnes nécessitant votre présence, etc.
Si vous avez le choix entre plusieurs modes de transport, vous pouvez emprunter celui qui vous convient le mieux à condition, selon l’administration, que votre choix ne soit pas contraire à une logique élémentaire compte tenu du coût et de la qualité des moyens de transport collectif desservant votre domicile.
La voiture. Vous pouvez déduire vos frais de voiture, à condition de pouvoir expliquer l'utilisation professionnelle de ce véhicule. L'administration peut-elle vous obliger à prendre les transports en commun ? Non, si vous pouvez montrer que votre véhicule est nécessaire pour votre activité professionnelle, en réduisant, par exemple, vos temps de transport ainsi que la fatigue qui en résulte.
Comme les médecins libéraux, vous avez le choix entre la déduction des frais réels et l'application du barème kilométrique (publié dans « Le Temps de la Gestion » du 21 mars 2019). Vous devrez pouvoir justifier, si l'administration vous le demande, l'existence du véhicule ainsi que la fréquence, l'importance et la durée des déplacements.
En pratique, vous devrez inscrire sur votre déclaration 2042 en ligne le véhicule utilisé, sa puissance fiscale, le nombre de jours de travail et le kilométrage effectué journellement.
Les repas. Vous pouvez déduire les frais supplémentaires de repas résultant de l'obligation de prendre vos repas en dehors de chez vous. Ce qui veut dire que la totalité de la dépense ne peut être déduite. La fraction non déductible pour chaque repas est évaluée forfaitairement à 4,80 euros pour 2018. Si vous optez pour la prise en compte des frais réels de repas, vous devez pouvoir justifier la réalité, l'importance et le caractère professionnel de la dépense.
Vous pouvez également évaluer forfaitairement vos frais de repas (si vous n'avez conservé aucun justificatif) au même montant, soit 4,80 euros. Mais l'administration peut vous demander de justifier que vous êtes dans l'impossibilité de manger chez vous et qu'il n'y a pas de restauration collective sur votre lieu de travail (ou que vos horaires ne vous permettent pas d'en bénéficier).
Frais de formation et de stage
Si vous supportez des dépenses pour acquérir un diplôme ou une qualification permettant d’améliorer votre situation ou d’obtenir un nouvel emploi, ces dépenses constituent des frais professionnels déductibles de votre salaire. Et cela même si l’exercice effectif de la nouvelle activité professionnelle n’est pas prévu immédiatement, dès lors que vous pouvez justifier que les dépenses ont été exposées dans cette perspective. Attention, l’administration pourra vous demander dans ce cas la justification des démarches que vous aurez accomplies pour rechercher activement un nouvel emploi en rapport avec les frais de formation préalablement déduits (par exemple, lettres de candidature à un emploi ou convocations à des entretiens d’embauche).
Quant aux dépenses occasionnées par un stage de perfectionnement, elles sont déductibles à condition que ce stage soit lié à votre activité professionnelle.
Frais de recherche d’un nouvel emploi
Si vous êtes privé d’emploi, les charges que vous supporterez pour trouver un nouveau travail seront assimilées par l’administration à des dépenses professionnelles. Il en est ainsi pour les frais de déplacement pour un entretien, les frais de confection d’un curriculum vitae, les dépenses de correspondance, les frais d’inscription à des annuaires professionnels ou à des stages.
Frais de documentation
En tant que salarié, les frais que vous engagez pour vous perfectionner dans votre profession ou pour accroître vos connaissances professionnelles sont déductibles. Il s’agit par exemple du prix d’achat d’ouvrages professionnels, des frais d’abonnement à des publications professionnelles ou des dépenses de formation. Par contre, vous ne pouvez pas déduire les frais d’achat et d’abonnement à des ouvrages, revues et journaux non spécifiquement professionnels (notamment les journaux d’information générale).
Frais de matériel, mobilier et fournitures
Vos dépenses de mobilier, de matériel et d’outillage sont déductibles, à condition qu’il s’agisse de biens susceptibles de se déprécier (on ne peut déduire, par exemple, des ouvrages de collection) et qu’ils soient en rapport direct avec votre profession. Par mesure de simplification, vous pouvez déduire en une fois le prix d’achat des matériels, outillages et mobiliers de bureau lorsque leur valeur unitaire n’excède pas 500 € hors taxes (soit 600 € TTC). Si cette valeur est supérieure, vous pouvez déduire chaque année une « annuité d’amortissement » calculée selon le mode linéaire (« Le temps de la gestion » du 9/04/2018). L’administration ne prévoit donc pas la possibilité pour les salariés d’amortir ces biens selon le mode dégressif.
Le cas du matériel informatique
Ces règles s’appliquent notamment au matériel informatique, dès lors que vous en avez fait personnellement l’acquisition et qu’il est effectivement utilisé dans le cadre et pour les besoins de votre activité salariée. S’il vaut moins de 500 € hors taxes, vous pouvez le déduire. S’il vaut plus, l’administration considère qu’il s’amortit sur trois ans. Vous pourrez donc déduire chaque année : 1 200 x 1/3 = 400 €. Si votre ordinateur est utilisé à des fins à la fois professionnelles et personnelles, vous devrez réduire la déduction en proportion de la part d’utilisation privative.
Les frais vestimentaires
Les dépenses de vêtements d’usage courant ne sont pas déductibles. Vous ne pouvez déduire que l’achat de vêtements spécifiques à votre profession, comme des blouses, ainsi que leur coût d’entretien. Et si, malgré vos précautions, vos frais réels sont rejetés par l'administration, vous récupérerez automatiquement la déduction forfaitaire de 10 %.
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