"Le Quotidien du Médecin" a publié sur son site un article concernant la mobilisation des patients et d’une rhumatologue vivant dans des déserts médicaux du fait d’une inégalité de chance dans le domaine de la santé. Un infirmier travaillant dans le secteur public a également dénoncé dans un quotidien le problème lié à la pénurie de médecins dans sa ville.
Derrière tous ces maux se cache la volonté de ces différents protagonistes de mettre en avant la nécessité d’une coercition pour les libéraux. Cette idée n’est pas récente, mais se révèle tout à fait à contresens de la réalité du terrain.
Existe-t-il en 2020 des zones surdotées en praticiens ? Nous pouvons bien entendu répondre oui, mais avec un léger bémol. En effet, ces lieux où prospèrent les libéraux se réduisent en peau de chagrin, et dans un avenir très proche ils auront disparu.
Aussi, avant d’imposer un lieu d’exercice aux futurs confrères, il serait plus intelligent de se poser la question de savoir pourquoi et comment nous avons pu en arriver à une telle extrémité. Il est très simple d’avoir une ou des réponses à cette « énigme ».
Tout d’abord, gouverner c’est prévoir, or nos politiques ont voulu réduire de manière drastique le nombre des praticiens ; cette décision avait pour but d’équilibrer les comptes de la Sécurité Sociale. De ce fait, on est arrivé à avoir un nombre ridicule de médecins formés ; situation qui ne permet plus de renouveler les confrères qui partent à la retraite.
Une autre cause est la féminisation de la profession (je ne jette pas la pierre aux femmes par ces propos). En fait, une femme mène de front deux activités : professionnelle au cabinet, et privé avec les enfants. Pour pouvoir gérer ces deux situations, il est impératif que l’activité professionnelle soit réduite par rapport à celle des hommes. Ainsi, nombreuses sont les consœurs qui ont décidé d’avoir une activité à mi-temps, ce qui permet de concilier vie de famille et travail.
Le plus dramatique dans cette histoire, c’est de voir que les médecins sont pris pour cibles ; cela alors que le déficit en praticiens est imputable aux politiques. Il ne faut pas oublier qu’en 2020 les médecins ne déméritent pas, car souvent ils travaillent bien plus que 35 heures, tout cela sans avoir de reconnaissance des pouvoirs publics et des patients ! Alors cessons de lyncher, par média interposé, une profession qui est passionnée par son travail ; travail qui est devenu de plus en plus harassant.
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