Surfant sur le "virage ambulatoire", l'hospitalisation à domicile table sur une nette progression en 2015

Publié le 02/12/2015
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Crédit photo : phanie

C’est plutôt l’optimisme qui prévalait lors de la 19ème journée nationale de l’hospitalisation à domicile. Elisabeth Hubert, ancienne ministre de la santé et actuelle président de la Fédération de l’HAD (FNEHAD) se réjouissait mercredi de la place désormais reconnue de l’hospitalisation à domicile dans le « virage ambulatoire ». « Même si les résultats ne sont pas encore complètement au rendez-vous » reconnaissait-elle.

En effet, si les chiffres de l’activité en 2014 sont mitigés avec une croissance du nombre de journées de seulement 1,7%, pour 2015 la progression devrait se situer plutôt entre 5 et 6%. Des chiffres qui restent encore loin de la croissance attendue pour atteindre l’objectif fixé par la ministre de la Santé en 2018 et signé en 2013. « Il est quasiment certain que l’on n’atteindra pas le but annoncé de 30 à 35 patients en HAD sur 100 000, mais ce n’est pas le plus important, » souligne Elisabeth Hubert.

L’ancienne généraliste et ancienne ministre de la Santé préfère se focaliser sur les signaux positifs « Nous sommes dans un changement de paradigme. Aujourd’hui j’ai des interlocuteurs qui entendent, qui ne nous considèrent plus comme inutile. Je ne suis plus face à un mur » explique-t-elle. Elle en veut pour preuve les mesures dans la loi sur la fin de vie et dans la loi de santé qui prennent en compte l’HAD.

Dans la loi sur la fin de vie, elle évoque notamment « le droit pour toute personne d’être informée par les professionnels de santé de la possibilité d’être prise en charge à domicile dès lors que son état le permet ». A travers la loi de santé, les établissements d’hospitalisation à domicile pourront aussi dans certains territoires jouer un rôle dans le cadre des plateformes territoriales d’appui, et sont déjà impliqués dans les discussions sur les groupements hospitaliers territoriaux. Les médecins hospitaliers auront également accès aux dossiers pharmaceutiques des patients.

« Il y a des  concrétisations sur des choses qu’on demande depuis un moment et des éléments d’ouverture sur plein de sujets » affirme Elisabeth Hubert. La possibilité de l’hospitalisation à domicile de davantage s’engager dans le post-chirurgical fait par exemple partie des grands chantiers pour l’année 2016. La FNEHAD espère désormais que toutes ses bonnes intentions ne resteront pas lettre morte et que les pouvoirs publiques maintiendront cet « espace de dialogue nouveau ». 


Source : lequotidiendumedecin.fr