C'était le monde d'avant. Celui où l'ubérisation du travail conduisait à la dislocation familiale, où la promesse d'être son propre patron entraînait au quasi-servage féodal avec la mise en place d'un système inique d'amende, où la catastrophe s'avère inévitable. Pourtant, cette famille anglaise, vitrine de la classe moyenne, a tous les atouts pour être heureuse, deux enfants, un père jamais au chômage et une mère auxillaire de vie. Un jour, pour enfin devenir propriétaire de sa maison, Ricky cède à la tentation d'être à la tête de sa très petite entreprise en devenant chauffeur-livreur. C'est l'enchaînement des cadences infernales, du donneur d'ordre sans pitié, tout en devant affronter la rébellion de son fils adolescent. Le pire, ici, est toujours sûr. Pour une fois dans l'univers de Ken Loach, il n'y a pas une once d'optimiste, une pincée de solidarité, un partage des émotions. Domine le chacun pour soi comme dans la jungle. On peut s'agacer devant le portrait de cette mère courage, jamais en faute ou en colère, toujours disponible. Le scénario sacrifie parfois trop à la démonstration. Demeure la précision chirurgicale des situations et leur caractère implacable. Peut-on à la fin éviter de verser une larme? Ce monde-là serait-il vraiment condamné à l'heure du confinement?
Sorry we missed you, de Ken Loach, en DVD Blu Ray et VOD.
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