A l’heure du "virage ambulatoire", Elisabeth Hubert réclame plus de place pour l’HAD

Publié le 12/10/2015
Dr Elisabeth Hubert

Dr Elisabeth Hubert
Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Doucement, mais surement, l’Hospitalisation à domicile creuse son sillon dans le paysage sanitaire français. Pourtant, à l’heure du "virage ambulatoire" promis par le gouvernement, l’HAD aimerait encore décoller davantage. La Fédération de l’HAD (FNEHAD) fait état dans son rapport annuel d’une progression de 1,7% du nombre de journées pour en comptabiliser 4 366 4944 en 2014 contre 4 439 494 en 2013. Encore trop limité aux yeux d’Elisabeth Hubert : "Cette croissance reste loin des 10% qu’il nous faudrait atteindre pour tenir l’objectif de doublement de l’activité, à l’horizon 2018, fixé par la ministre", martèle la présidente de la Fédération.

A la FNEHAD, on estime néanmoins que la reprise de l’activité constatée fin 2014 et début 2015 augure visiblement d’une plus forte croissance de l’HAD. Et on pointe l’accueil positif fait à l’HAD dans la loi sur la fin de vie ou dans la loi de santé comme prometteurs pour le futur proche de l’hospitalisation hors les murs. "Nous avons proposé des ajustements, qui ont pour la plupart été entendus, s’agissant des plateformes territoriales d’appui à la coordination des parcours de santé complexes et des groupements hospitaliers de territoire", se félicite ainsi Elisabeth Hubert à propos de la réforme Touraine en cours de discussion au Parlement.

A travers ce rapport 2015, la FNEHAD entend d’ailleurs prouver entre les lignes que l’HAD reste un des moyens les plus performants pour déshospitaliser l’Hexagone. Ainsi, si 31% des patients en HAD étaient à domicile avant que cette prise en charge ne soit mise en place autour d’eux, quatre de ces séjours sur cinq ont permis d’éviter in fine l’hôpital, puisqu’il se sont soldés soit par une sortie de l’HAD avec maintien au domicile (70%), soit par le décès du patient (18%). L’HAD est d’autant plus (re)structurante qu’elle est plutôt bon marché : 196,8 € la journée selon le rapport de la Fnehad, un chiffre à mettre en regard avec les quelques 700 € que coûte une journée d’hospitalisation classique...

Reste que si l’HAD est, depuis quelques années maintenant, proposée dans tout l’Hexagone, l’investissement demeure extrèmement variable selon l’endroit où l’on se trouve, avec des régions historiquement très engagées dans l’HAD dans le nord, le sud-ouest et le sud-est et d’autres qui le sont beaucoup moins, à l’instar du grand-est. L’écart est important aussi selon le département : 25 patients par an pris en charge en HAD dans le Limousin contre moitié moins en Alsace, Haute-Normandie ou Lorraine.

En bonne logique, on relève pour le reste, une patientèle plus très jeune (57,2 ans). "La plupart des journées concernent des patients âgés," confirme-t-on à la FNEHAD où l’on observe que 57% des journées relèvent de patients connaissant un niveau de dépendance élevé. Dans ce contexte, les pansements complexes et stomies compliquées sont devenues en 2014, le premier motif d’admission en hospitalisation à domicile, suivi des soins palliatifs, des soins de nursing lourds et de la nutrition entérale. Si la moyenne d’âge a augmenté ces derniers temps, c’est à la fois du fait des interventions de l’HAD en Ehpad -possibles depuis 2007- et de la sortie du post partum physiologique des indications de l’HAD. En HAD, on prend néanmoins en charge des enfants, puisque le total des journées qui leur sont consacrées est passé de 3,8% à 4,4% de 2010 à 2014. Mais la pédiatrie est très concentrée sur quelques structures, six entités assurant à elles seules 50% de l’activité.

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Source : lequotidiendumedecin.fr