« J’avais 22 ans quand j’ai fait mon premier stage en réanimation. À cette époque, j’étais en plein questionnement sur ma sexualité et je n’avais aucune vie amoureuse. Dès mon arrivée en stage, mon chef de clinique qui était homosexuel m’a fait des avances. Il me disait : "tu préfères les garçons c’est sûr, mais tu as peur d’être vu avec un homme, tu as peur que ça puisse nuire à ta carrière…" J’ai vécu très violemment ces remarques car je n’avais absolument pas fait le cheminement vers ce type de sexualité. J’ai eu très honte, l’homosexualité était taboue pour moi à l’époque.
Mon chef de clinique me prenait toujours à part, seul à seul sans témoins, et j’étais tétanisé à la fois par l’attitude de mon aîné et par ce qu’il sous-entendait de ma sexualité, chose que je n’étais pas prêt à entendre. Un jour il a tenté de m’embrasser. J’ai fui et j’ai prétendu une maladie pour ne plus revenir en stage pendant quelques jours.
À la fin du semestre, il m’a invité à boire un café et m’a dit qu’il pensait que j’avais refusé ses avances pour ne pas être stigmatisé dans le service. Il m’a proposé de se revoir en dehors de l’hôpital et de devenir, en quelque sorte, mon initiateur…
Ce harcèlement a eu un impact sur ma vie personnelle et il a contribué à différer mon questionnement sur la sexualité. J’ai pendant les deux années qui ont suivi fermé mon esprit à cette question et suis devenu un « no-sex ».
J’ai rencontré l’homme de ma vie un peu plus tard, pendant mes années d’internat : un garçon qui ne travaillait pas dans le même milieu que moi et à qui j’ai mis longtemps à raconter mon histoire hospitalière ».
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