La désespérance n'avait pas attendu la pandémie actuelle pour s'infiltrer à l'écran. Elle s'était échappée depuis longtemps de la boîte de Pandore. Même Robert Guédiguian dans Gloria Mundi l'un des derniers militants au cinéma du culte de la solidarité, de la fraternité, de la jeunesse a baissé les armes. Dans le panthéon des idées et des souvenirs, devrait au moins demeurer le culte de la grève, moment collectif par excellence. Le cinéaste la réduit à une gesticulation des ego, à une entreprise de manipulation des esprits faibles. Le film débute pourtant par la naissance du monde, celle d'une petite fille. Mais très vite le bonheur s'échappe, pris en étau par la violence, la misère et la fatalité qui étranglent le jeune couple. Les gagnants, en miroir sont cyniques, sniffeurs de cocaïne, voyeurs, bref sans foi ni loi. Le tableau est caricatural. Bien sûr, aucune chance n'est laissée à ces personnages odieux, jamais en retard d'une turpitude. Le seul brin d'humanité du fil est confié sans surprise à Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride. Quel monde laissons-nous à nos enfants ? Il apparaît sans espoir où seules triomphent les valeurs matérielles, répond Robert Guédiguian. Un simple virus peut-il tromper ce sombre diagnostic ?
Gloria Mundi de Robert Guéguidian, Diaphana distribution en VOD sur toutes les plateformes et DVD. 19,99 euros.
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