Le Conseil scientifique, créé en mars 2020 pour faire face à la pandémie de Covid-19, a été dissous fin juillet avec la levée de l'état d'urgence sanitaire. Pour lui succéder, le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars) a été officialisée dans la foulée le 17 août avec à sa tête la Pr Brigitte Autran, immunologiste.
Le Covars a, depuis, rendu deux avis, le premier sur le Covid et le second sur le Monkeypox (mpox selon la dénomination de l'Organisation mondiale de la santé). Le comité est indépendant mais répond aux saisines gouvernementales des deux ministères de tutelle, la Santé et la Recherche.
Ce comité, dont les missions sont élargies, est au complet depuis fin septembre, comptant au total 18 membres, dont 15 scientifiques ou professionnels de santé, nommés pour un mandat de deux ans renouvelable une fois. « Le Conseil scientifique était déjà multidisciplinaire, et le Covars l'est de façon plus vaste avec, en plus, une ouverture aux épidémiologistes des écosystèmes et de l'environnement, aux vétérinaires mais aussi aux représentants de citoyens et de patients », avait expliqué au « Quotidien » la Pr Autran.
Certains anciens membres du Conseil scientifique en font partie, dont le virologue Bruno Lina, l'infectiologue Denis Malvy, le modélisateur à l'Institut Pasteur Simon Cauchemez et le vétérinaire Thierry Lefrançois. Parmi les nouveaux venus, une urgentiste du CHU de Nice, la Dr Julie Contenti, un médecin généraliste, le Dr Olivier Saint-Lary, ou encore une spécialiste de santé sexuelle et reproductive, Annabel Desgrées du Loû.
Empowerment
Le Covars a pour mission de surveiller « les risques sanitaires liés aux agents infectieux atteignant l'homme et l'animal », les « polluants environnementaux et alimentaires » et le « changement climatique ». Les risques infectieux, circonscrits à ceux pouvant donner lieu à de nouvelles crises sanitaires, sont prépondérants, « c'est 90 % de nos préoccupations, c'est gigantesque », avait souligné la Pr Autran.
Dans le premier avis sur le Covid, face aux incertitudes quant à l'évolution de l'épidémie, le comité appelait à renforcer la prévention, notamment la double vaccination grippe-Covid et le port du masque dans les lieux clos, en appelant à la responsabilisation (ou « empowerment ») et non à l'obligation. « Les enquêtes de population montrent un rejet massif des obligations liées au Covid partout dans le monde, qui sont vécues comme des restrictions de libertés, voire comme un danger », avait expliqué la présidente. Une position qui pourrait être infléchie face à la triple épidémie Covid, grippe et bronchiolite, un nouvel avis sur le Covid en autosaisine étant attendu courant décembre.
Dans l'avis sur le mpox, alors que l'évolution est rassurante, le Comité évoque le scénario d'une circulation à bas bruit et préconise de finaliser la vaccination avec deux doses, voire trois pour les immunodéprimés.
Les prochains avis devraient porter sur l'avenir des vaccins à ARNm pour la prise en charge des risques sanitaires émergents et les infections vectorielles en relation avec le changement climatique, les deux autres saisines gouvernementales à sa création. Le Covars, qui a la possibilité de s'autosaisir, a déjà identifié deux thèmes prioritaires : la grippe aviaire et le développement de la recherche en ambulatoire.
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