34 000 : c’est le nombre d’appels cumulés que le 3114, numéro national de prévention du suicide, a reçu depuis son ouverture le 1er octobre dernier, a indiqué le ministère de la Santé, à l’occasion de la journée nationale de prévention, ce 5 février. Et de noter deux pics, l’un autour des fêtes de fin d’année, et l’autre après le passage de Stromae au journal du 20 heures de TF1. Le chanteur belge y avait chanté ses pensées suicidaires à travers son titre « l’enfer », provoquant un phénomène de sensibilisation semblable à celui observé lorsque le rappeur Logic avait rendu public un clip sur sa propre expérience.
Entre 10 et 15 % des appels vers le 3114 ont débouché sur une prise en charge du Samu, précise le ministère. Disponible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, ce numéro national gratuit fonctionne grâce aux 169 infirmiers et psychologues hospitaliers spécifiquement formés et placés sous la supervision d’un psychiatre, dans 11 centres en régions. De nouveaux centres devraient renforcer le dispositif en 2022, précise le ministère de la Santé, et un tchat devrait être bientôt disponible.
VigilanS présent dans 17 régions
« Chaque jour, nous constatons encore davantage à quel point ce numéro unique est utile, et à quel point il est un pilier majeur de notre lutte contre le suicide et en faveur de la santé mentale de nos concitoyens », a déclaré Olivier Véran. Ce dispositif s’ajoute au dispositif VigilanS, créé en 2015 et déployé dans 17 régions dont 4 d’Outre-mer (l’objectif restant une couverture territoriale nationale, avec un dispositif par région) ou encore Papageno, pour éviter toute contagion suicidaire. Les autorités misent par ailleurs sur la constitution d’un réseau de personnes-ressources pour prévenir et intervenir précocement comme les citoyens volontaires ou les sentinelles, dans la police ou le milieu agricole.
Avec environ 9 000 décès par suicide par an, la France présente l'un des taux de suicide les plus élevés d'Europe. Selon l'étude Coviprev de Santé publique France, 9 % des Français ont eu des pensées suicidaires au cours de l'année, un niveau élevé, supérieur de quatre points au niveau hors épidémie. Dans « Le Quotidien », le Dr Marc Fillatre, président de l’UNPS (Union nationale pour la prévention du suicide) et le Pr Michel Debout, membre de l'Observatoire national du suicide, ont fait part de leurs réserves. Le premier a dit regretter « l’absence de moyens ajustés pour les structures d’accompagnement et de prise en charge », et le second, « le manque d'une culture de prévention dans la proximité ».
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