Au cœur de débats passionnés depuis le début de la pandémie, l’hydroxychloroquine (HCQ) n’apparaît pas efficace dans le traitement du Covid-19, selon une méta-analyse publiée le 26 août dans « Clinical Microbiology and Infection ». Celle-ci montre l’inefficacité de la molécule sur le Covid-19 et le risque accru de mortalité quand elle est associée à de l’azithromycine (AZM).
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l'INSERM, de l'université de Lausanne et de celle de Neuchâtel ont d’abord identifié plus de 800 articles sur les bases de données scientifiques. Ils en ont retenu 29 répondant à leurs critères. « Pour être incluse, une étude devait rapporter des données sur la mortalité et l’HCQ et porter sur des patients atteints de Covid-19 dont le diagnostic a été confirmé par PCR », explique au « Quotidien » Thibault Fiolet, épidémiologiste et doctorant en santé publique à l'INSERM-Université Paris Saclay et auteur principal de l’étude.
La combinaison HCQ et AZM associée à une surmortalité
Parmi ces 29 études, toutes - sauf une - ont été conduites sur des patients hospitalisés : trois sont des essais contrôlés randomisés, une autre est un essai non randomisé et 25 sont des études observationnelles. « Dix des études observationnelles comportaient des biais critiques, tels que des écarts importants entre le groupe HCQ et le groupe contrôle ou un manque de précision dans le protocole. Nous avons fait le choix de les exclure de notre analyse, précise Thibault Fiolet. Ce travail de sélection, détaillé dans l’appendice de l’article, représente un des aspects les plus importants de notre publication. »
Au final, la méta-analyse porte sur 11 932 patients traités par l’HCQ, 8 081 traités par l’HCQ et l’AZM et 12 930 traités par soins standards (groupe contrôle). Les chercheurs ont constaté que le risque de décès était inférieur de 17 % dans le groupe HCQ par rapport au groupe contrôle dans l'ensemble des études, mais supérieur de 9 % dans les essais randomisés. Dans les deux cas, ces écarts ne sont pas statistiquement significatifs. « Nos résultats confirment que l'hydroxychloroquine, associée ou non à l'azithromycine, ne réduit pas la mortalité chez les patients hospitalisés », commente Thibault Fiolet.
Comme de précédents travaux l'ont déjà montré, les chercheurs ont également constaté que la combinaison de l’HCQ et de l’AZM était associée à une surmortalité de 27 %, statistiquement significative. « En termes de différence de risque, l’augmentation est de 7 %. Autrement dit, pour 100 patients, on aurait 7 décès supplémentaires attribués à l’association de l’HCQ et de l’AZM », souligne Thibault Fiolet.
Afin de s’assurer de la robustesse des résultats, les chercheurs ont mené une analyse d’influence (retrait une à une de chaque étude du panel pour observer l’impact sur le résultat) et plusieurs analyses de sensibilité, notamment par une approche bayesienne ou par une analyse en sous-groupes (selon les doses rapportées d’HCQ, notamment). « À chaque fois, nous avons obtenu le même résultat », indique Thibault Fiolet.
Un sujet désormais plus politique que scientifique
Une comparaison, non intégrée dans l’étude, a également été réalisée avec des articles encore en pré-publication, et notamment les résultats de l’essai britannique Recovery et d’une étude de l’AP-HP menée par la Dr Émilie Sbidian. « Nous n’avons pas constaté de différences », souligne le chercheur.
Si une mise à jour de l’article, sous la forme d’une lettre à l’éditeur, est envisagée pour intégrer d’autres études, ces premiers résultats « devraient permettre de clore le débat autour de l’hydroxychloroquine, espère Thibault Fiolet. Le sujet est désormais politisé et ne relève plus vraiment de la science. Pourtant, quand on regarde les études bien faites, il est très probable que ce traitement ne fonctionne pas dans le Covid-19 ».
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