Dans la course mondiale pour le développement d’un vaccin contre le Covid-19, l’INSERM et un réseau de 24 centres d’investigation clinique (CIC) lancent une initiative originale : une plateforme en ligne, baptisée COVIREIVAC, pour le recrutement de volontaires à la participation aux essais cliniques vaccinaux. Une « première en France », se félicite la Pr Odile Launay, coordinatrice du CIC Cochin-Pasteur (AP-HP) et coordinatrice de COVIREIVAC.
L’objectif de ce projet financé par les ministères de la santé et de la recherche est de disposer d’une base de 25 000 volontaires, âgés de 18 ans et plus, pour permettre, sur les 18 prochains mois, de mener jusqu’à trois essais cliniques de phase 3 et jusqu’à 4 ou 5 essais de phase 2 axés sur des populations âgées (test sur l’immunogénicité). Le choix des candidats vaccins sera réalisé en collaboration avec le comité scientifique vaccins Covid-19, qui conseille les autorités.
Il pourra s’agir d’essais de phase 2 portés par des promoteurs académiques ou d’essais de phase 3 pour des vaccins « développés par de grands industriels qui ont les capacités de mener ces essais de grande envergure », précise la Pr Odile Launay, mais également pour des vaccins « testés ailleurs avec un autre schéma vaccinal ».
L’enjeu du recrutement de sujets âgés
Alors que des inquiétudes ont émergé quant au manque de personnes âgées incluses dans les essais déjà lancés ailleurs, les partenaires de COVIREIVAC insistent sur la nécessité d’obtenir des données sur cette population dont la réponse immunitaire peut être différente. Ces données sont en effet « essentielles pour définir une politique vaccinale et ses priorités », rappelle le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d'immunologie clinique et maladies infectieuses à l'hôpital Henri-Mondor.
Une attention sera également portée au recrutement de personnes à risque de formes sévères de Covid-19, qui seront elles aussi « visées en premier lieu par la politique vaccinale », ajoute la Pr Odile Launay. Les personnes particulièrement exposées parce qu’elles sont en contact du public ou celles ayant été infectées sont également ciblées par ce recrutement.
Le suivi des volontaires inclus sera assuré « en proximité », indique le Pr Serge Gilberg, généraliste, via le réseau de CIC et en lien étroit avec le Collège national des généralistes enseignants (CNGE). Ce suivi sera quotidien la première semaine, hebdomadaire pendant un mois et se poursuivra sur le plus long terme. La mise en réseau de centres répartis sur le territoire va par ailleurs permettre des inclusions dans les régions où le virus circule activement.
Informer du mieux possible les volontaires potentiels
Élaboré avec Santé publique France (SPF) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le site COVIREIVAC mis en ligne ce 1er octobre pour les volontaires vise à « apporter l’information la plus précise possible sur le développement des vaccins pour éclairer la décision des volontaires potentiels », indique un communiqué de l’INSERM. Un numéro vert (le 0805 297 659) est mis à disposition des volontaires pour répondre à leurs questions.
Les candidats devront remplir un premier questionnaire de santé et seront ensuite contactés selon les besoins des différents protocoles de recherche (âge, conditions préexistantes, localisation géographique). Les participants sélectionnés confirmeront alors leur consentement. Une indemnisation, et non une rémunération, leur sera proposée.
Cette implication précoce de la population revêt un « enjeu fort », explique la Pr Odile Launay, alors que s’exprime dans le pays une réticence à la vaccination. Les premiers essais pourraient débuter dès la fin de l’année 2020, « selon l’évolution de l’épidémie et les discussions en cours avec les industriels », précise la Pr Odile Launay.
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