Selon une étude américaine parue dans le « New England Journal of Medicine », la transfusion de plasma de patients convalescents avec un titre élevé d'anticorps est associée à un bénéfice en termes de mortalité à 30 jours chez des patients hospitalisés pour Covid, n'ayant pas de besoin en ventilation mécanique. Le bénéfice était d'autant plus important lorsque le traitement était administré au début de la maladie.
Dans cet essai rétrospectif multicentrique basé sur un registre national américain, 3 082 patients hospitalisés et présentant au moins un facteur de risque de forme sévère de Covid ont été inclus jusqu'au 4 juillet. Ils ont été répartis en trois groupes selon le titre d'anticorps reçu : élevé pour 515 d'entre eux, moyen pour 2 006 et faible pour 561. Les deux tiers ont été transfusés avant d'avoir besoin de recourir à la ventilation mécanique invasive et 69 % avaient moins de 70 ans.
22,3 % de décès avec un titre élevé versus 29,6 % avec un faible titre
Le décès 30 jours après le traitement (critère d'évaluation principal) est survenu chez 26,9 % des patients : 22,3 % dans le groupe titre élevé, 27, 4 % dans le groupe titre moyen et 29,6 % dans le groupe titre faible. Ainsi, les patients du premier groupe présentaient un risque de mortalité plus faible de 25 % par rapport à ceux traités avec un faible niveau d'IgG.
En comparant le groupe de patients n'ayant pas été sous ventilation mécanique avant le traitement à ceux l'ayant été, les auteurs ont montré que la transfusion de plasma n'apportait pas de bénéfice pour les patients du second groupe. Parmi les patients traités avec une concentration élevée en IgG, 14,2 % sont décédés à 30 jours dans le premier groupe contre 40,5 % dans le second.
De plus, les patients qui ont reçu du plasma dans les trois jours suivant le diagnostic de Covid présentaient un risque plus faible de décès que ceux ayant reçu le plasma plus tardivement.
La Commission européenne soutient déjà la collecte de plasma
Début janvier, une étude argentine publiée également dans le « New England Journal of Medicine » suggérait que l'administration précoce de plasma de convalescents permet de prévenir la survenue d'une forme sévère de Covid chez des patients âgés. Alors que les résultats publiés jusque-là sur l'intérêt de la plasmathérapie sont peu concluants, le Dr Louis Katz résume dans un édito associé à ces deux études : « Il est difficile d'en tirer des conclusions exploitables sur la valeur clinique du plasma convalescent. » Et de préciser : « Les études observationnelles ont été plus positives que les essais randomisés ; certaines, mais pas toutes, ont suggéré des effets cliniques modestes. » Les études s'accordent néanmoins sur le bon profil de tolérance de cette approche.
« Compte tenu du nombre d’infections au SARS-CoV-2, de la rareté des options thérapeutiques et de l’enthousiasme et de la controverse suscités par le plasma de convalescents, un essai multicentrique, randomisé et contrôlé de grande qualité est le bienvenu », estime le Dr Katz.
Sans attendre des résultats probants, la Commission européenne a annoncé soutenir la collecte de plasma : 24 projets visant à développer ou étendre des programmes de collecte de plasma de donateurs guéris du Covid-19 ont ainsi été sélectionnés.
La piste des nanocorps contre les variants
À côté du plasma, d'autres approches d'immunisation passive sont testées : des anticorps polyclonaux mais aussi, tout récemment, les nanocorps (« nanobodies » en anglais). Ces anticorps à domaine unique présentent l'avantage d'être stables et faciles à produire. Une équipe internationale a récemment identifié quatre nanocorps neutralisants ciblant le domaine RBD (Receptor-Binding Domain) de la protéine Spike du SARS-CoV-2 à partir de camélidés immunisés. Leur capacité à inhiber le virus a été mise en évidence in vitro. « Ce qui est unique ici, c’est que nous avons assemblé des nanocorps qui se fixent à deux endroits différents de la protéine Spike du virus », explique Martin Hällberg, co-auteur de l'étude parue dans « Science ». Les nanocorps combinés sont ainsi beaucoup plus efficaces, et ce même en cas de mutation du virus. Des essais cliniques devraient être lancés cette année pour évaluer l'intérêt de cette approche chez l'homme. En novembre, deux équipes américaines décrivaient également dans le même journal l'identification de nanocorps ayant un fort pouvoir neutralisant contre le SARS-CoV-2.
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