Quelques jours après la publication de deux études observationnelles concluant à l’absence d’efficacité de l’hydroxycholoriquine chez des patients Covid-19 hospitalisés à New York, deux nouvelles études, l’une française, l’autre chinoise, confirment ce résultat.
« Considérés dans leur ensemble, ces résultats ne plaident pas pour une utilisation de l'hydroxychloroquine comme un traitement de routine pour les patients atteints du Covid-19 », en conclut un communiqué du « British Medical Journal », qui publie ces deux études.
Pas de réduction des risques d'admission en réanimation ou de décès
La première coordonnée par le Pr Matthieu Mahévas du CHU Mondor (AP-HP) a été menée dans quatre hôpitaux franciliens du 12 au 31 mars auprès de 181 patients âgés de 18 à 80 ans, admis à l’hôpital pour une pneumonie due à la Covid-19 et demandant de l’oxygène. Une partie d’entre eux (84 patients) ont reçu une dose de 600 mg/jour d’hydroxychloroquine, administrée dès les 48 heures suivant leur admission à l’hôpital. Les autres (89) ont reçu un traitement standard. Huit patients supplémentaires ont reçu le traitement d’hydroxycholoroquine dans un délai supérieur à 48 heures après leur admission.
Il apparaît que l’administration du traitement n’a pas modifié significativement le taux de survie sans transfert en unité de soins intensifs (76 % dans le groupe de traitement, au 21e jour, contre 75 % dans le groupe témoin), ni la survie globale (89 % dans le groupe de traitement, au 21e jour, et de 91 % dans l’autre), ni la survie sans syndrome de détresse respiratoire aiguë (69 % dans le groupe de traitement contre 74 %). Enfin, « au 21e jour, 21, 82 % des patients du groupe de traitement avaient été sevrés de l'oxygène contre 76 % dans le groupe témoin », indiquent les auteurs.
« L'hydroxychloroquine a reçu une attention planétaire comme traitement potentiel du Covid-19 après des résultats positifs de petites études. Cependant, les résultats de cette étude n'étayent pas son utilisation chez les patients admis à l'hôpital avec le Covid-19 qui nécessitent de l'oxygène », concluent-ils.
Plus d'évènements indésirables avec l'hydroxychloroquine
La seconde étude, menée dans 16 hôpitaux chinois du 11 au 29 février, visait à évaluer l’efficacité et la sécurité de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la Covid-19. Elle a porté sur 150 patients admis à l’hôpital, dont 148 avec une forme légère ou modérée. La moitié (75 patients) a reçu, en plus du traitement standard, de l’hydroxychloroquine à une dose de 1 200 mg/jour pendant 3 jours puis de 800 mg/jour jusqu’à la fin du traitement (deux semaines pour les symptômes légers ou modérés et trois semaines pour les formes sévères).
La durée moyenne entre l'apparition des symptômes et la randomisation était de 16,6 jours. La plupart des patients (109 soit 73 %, dont 56 dans le groupe avec les standards de soins et 53 dans celui avec l’hydroxychloroquine) ont vu leur charge virale s’inverser avant 28 jours.
Les autres (41 patients, soit 27 % de l’effectif, dont 19 ont reçu le traitement standard et 22 dans le groupe hydroxychloroquine) « ont été censurés car ils n’ont pas atteint une conversion négative du virus », soulignent les auteurs, observant que « la probabilité d'une conversion négative à 28 jours dans le groupe standard de soins plus hydroxychloroquine était de 85,4 %, similaire à celle du groupe standard de soins (81,3 %) ».
Ainsi, le traitement avec l’hydroxychloroquine n’a pas permis d’éliminer le virus plus rapidement. En revanche, ce groupe de patients a connu plus d’évènements indésirables (9 % dans le groupe de traitement standard contre 20 % dans le groupe traité avec l’hydroxychloroquine en plus du traitement standard). L’évènement indésirable le plus courant était la diarrhée, rapportée chez 10 % des patients. « Deux receveurs d'hydroxychloroquine ont signalé des événements indésirables graves », soulignent également les auteurs.
D’autres résultats sont attendus pour l’évaluation de l’efficacité de l’hydroxychloroquine : ceux de l’essai Discovery notamment, mais aussi de l’essai Coverage. Un autre essai vient également d’être lancé aux États-Unis par le NIH. Il vise à tester l’association entre hydroxychloroquine et azithromycine chez 2 000 patients atteints de forme légère ou modérée de Covid-19.
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