Après un infarctus ou un AVC, un risque cardiovasculaire résiduel persiste chez les patients à haut risque, et en particulier chez les diabétiques de type 2. Alors que se tient du 31 août au 4 septembre le congrès de l'European Society of Cardiology (ESC) à Paris, la Société internationale d’athérosclérose (IAS) et la fondation R3i (Residual Risk Reduction Initiative) ont présenté un traitement prometteur pour réduire ce risque : le pémafibrate.
Des résultats attendus pour 2021
Un groupe de plus de 50 experts de l'IAS et de R3i a mené une évaluation approfondie du pémafibrate publiée en juin sous la forme d'un consensus dans la revue « Cardiovascular Diabetology ». Si cette nouvelle classe thérapeutique, distincte des fibrates, améliore un certain nombre de facteurs de risque, il reste à savoir si ses effets s'accompagnent d'une diminution du risque d'événements cardiovasculaires. C'est tout l'objectif d'une étude internationale de grande ampleur appelée PROMINENT dont les premiers résultats sont attendus pour 2021.
« Sur un total de 10 000 patients, nous en avons déjà recruté plus de 9 000 provenant de 280 pays, dont les États-Unis, le Brésil et des pays d'Europe de l'ouest », indique au « Quotidien » le Pr Jean-Charles Fruchart, président de R3i.
Les études de phase II et III, menées chez plus de 1 400 patients, ont mis en évidence ses effets positifs sur la dyslipidémie athérogène, facteur majeur du risque cardiovasculaire résiduel qui correspond à un taux élevé de lipoprotéines riches en triglycérides et un taux bas de HDL-cholestérol. Le pémafibrate entraîne ainsi une réduction significative du taux de triglycérides, du cholestérol et de l'inflammation.
Les patients recrutés sont des patients présentant un diabète de type 2 et une dyslipidémie athérogène malgré la mise en place d'un traitement par statine. « Les statines entraînent une réponse satisfaisante chez 25 % des patients. Pour les 75 % autres, un risque résiduel persiste, avec notamment un taux de triglycérides élevé. C'est à ces patients que s'adresse ce nouveau médicament », précise le Pr Fruchart.
Déjà commercialisé au Japon
Le Pr Fruchart a d'abord travaillé à l'institut Pasteur de Lille sur les fibrates - ce qui lui a valu de recevoir le prix Galien en 1999. Ces activateurs de PPAR-α (récepteur α activé par les proliférateurs des peroxysomes) améliorent l'hypertriglycéridémie, mais ne sont actifs qu'à très fortes doses et peuvent entraîner une augmentation de la créatinine et être à l'origine d'effets secondaires hépatiques. « C'est pourquoi nous avons cherché à identifier un médicament qui soit plus sélectif, avec les effets positifs sans les évènements secondaires », raconte le Pr Fruchart.
Une équipe japonaise avec qui il a collaboré a synthétisé plus de 1 300 molécules, parmi lesquelles le pémafibrate, un agent avec une activité PPAR-α sélective. « Ce composé est beaucoup plus actif que les fibrates et a montré des résultats époustouflants, souligne le Pr Fruchart. Il agit au niveau des récepteurs nucléaires et modifie l'expression de gènes cruciaux impliqués dans le métabolisme des lipides ». Le pémafibrate est déjà commercialisé au Japon sous le nom Parmodia.
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