Sanofi vient d’annoncer l’arrêt de son essai de phase 3 évaluant le sarilumab (Kevzara, indiqué dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde), un anti-IL-6 testé dans la prise en charge des formes sévères de Covid-19. Le laboratoire évoque des résultats non concluants pour justifier sa décision. La piste des inhibiteurs de l’interleukine 6 (IL-6) continue néanmoins d’être explorée.
Sanofi a mené son essai randomisé auprès de 420 patients répartis dans différents pays (Argentine, Brésil, Canada, Chili, France, Allemagne, Israël, Italie, Japon, Russie et Espagne) : 86 patients ont intégré le groupe placebo, 161 le groupe de traitement à 200 mg, et 173 le groupe 400 mg. Si les données font état d’une réduction tendancielle de la durée de l’hospitalisation, d’un délai plus court avant l’amélioration clinique ou encore d’une réduction tendancielle de la mortalité dans les groupes de traitement par rapport au groupe contrôle, ces résultats n’apparaissent pas « statistiquement significatifs », indique Sanofi, qui annonce une prochaine publication détaillée de ces résultats.
Si Sanofi et Regeneron (co-développeur du Kevzara) n’envisagent pas pour l’heure le lancement de nouveaux essais avec ce médicament, un autre anti-IL-6, le tocilizumab, est toujours à l’étude. Une étude japonaise avance même des résultats encourageants pour cette molécule dans le traitement du syndrome de libération de cytokines (cytokine release syndrome, CRS).
Le tocilizumab et le maillon du PAI-1
Publiée dans la revue « PNAS », l’étude menée à l'Université d'Osaka a permis d’identifier une riposte efficace à la suractivation de la réponse inflammatoire observée chez de nombreux patients atteints de formes sévères du Covid-19. « Pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires de la pathogenèse du CRS, nous avons d'abord étudié les profils de cytokines de 91 patients diagnostiqués avec un CRS associé à une septicémie bactérienne, un syndrome de détresse respiratoire aiguë ou des brûlures », explique Sujin Kang, auteure principale de l’étude.
Dans cette étude, les patients issus des trois groupes affichaient des taux élevés de cytokines pro-inflammatoires, dont les IL-6, et de la protéine PAI-1 (inhibiteur-1 de l’activateur du plasminogène), qui s'est révélée associée à des cas graves de pneumonie. Or les auteurs ont constaté que l’action d’inhibition de la signalisation de l’IL-6 du tocilizumab « diminuait la production de PAI-1 et atténuait les manifestations cliniques chez les patients Covid-19 sévères », notent-ils.
L’utilisation du tocilizumab dans le traitement des patients atteints de formes graves du Covid-19 est d'ailleurs testée dans le cadre de l’étude multicentrique française CORIMUNO-19 (AP-HP/Université Paris-Saclay/INSERM/Université de Paris/Reacting). Fin avril, une communication de la direction de l’AP-HP mentionnant des résultats préliminaires positifs avait entraîné la démission du comité de surveillance des essais Covid-19 menés à l'AP-HP en raison d'un « vif désaccord » sur la publicité accordée à ces résultats partiels. La publication définitive est attendue prochainement.
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