« Contact tracing » : le terme fait partie de ces nouveaux mots qui – avec « cluster », « super-spreader », « patient zéro » « quatorzaine » ou « distanciation sociale »- ont enrichi le vocabulaire de nos concitoyens depuis le début de l’épidémie. Ce nouvel anglicisme désigne les fichiers de patients Covid + et personnes contacts. Leur déploiement – prévu entre cette semaine pour SI-DEP (concernant les tests) ou Contact Covid (organisant le suivi des cas) et début juin pour l’application numérique StopCovid — a été l’objet de débats nourris dans les deux Assemblées ces derniers jours. Et ce n’est pas fini.
En cause : les exceptions au secret médical, que supposent ces fichiers. Ce n’est pas la première fois depuis la mi-mars que des mesures contraignantes sont instaurées. La crise ayant déjà justifié des atteintes à la liberté d’aller et venir, à celle du commerce et de l’industrie, au droit de réunion et de manifestation, et certains aménagements au Code du travail. Alors, pourquoi le débat est-il si vif cette fois ? D’abord parce que c’est l’intimité de chacun qui est visée. Ensuite, parce qu’on ignore quelle sera au juste la durée de vie de ces fichiers. Enfin, parce que les nouvelles technologies qui sous-tendent certaines applications font craindre à certains l’avènement d’un Big Brother sanitaire régissant nos vies dans les moindres détails.
Sur ce registre, les fantasmes le disputent aux phobies. Et dans ce domaine, l’imagination de l’opposition est sans limite. Visiblement, les syndicats de médecins, rompus aux maladies à déclaration obligatoire et aux protocoles ALD, accueillent ces nouveaux outils avec davantage de sérénité. La routine ? Voire. On doit tout de même se féliciter des garde-fous posés ces derniers jours par le Conseil constitutionnel, la CNIL, l’Ordre ou le Parlement. Ils visent à éviter le croisement des données santé, à limiter le périmètre du secret partagé et à organiser à terme l’effacement des informations collectées… Précautions excessives ? L’avenir le dira. Mais dans ce domaine, mieux vaut trop que pas assez.
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