« Le Covid-19 constitue un véritable trauma sanitaire moderne jusqu’alors impensé. À côté de ce risque, toutes les autres pathologies, y compris mortelles, font pâle figure » considère la psychiatre Françoise Chastang.
Pour que les modalités du mourir ne restent pas un impensé-impensable, terreau de deuils traumatiques et de blessures sociales, l'Observatoire « Covid-19 Éthique et société » de l'Espace éthique d'Ile-de-France propose une contribution autour de la fin de vie, de la mort et du funéraire, issue d'une réflexion pluridisciplinaire (à laquelle a d'ailleurs pris part Catherine Le Grand-Sébille).
Transparence dans la relation aux familles
L'irruption de la mort sera d'autant mieux vécue que les liens tissés entre les familles et les équipes soignantes dans l'avant, si court soit-il, auront été de qualité. L'Observatoire insiste sur l'importance d'une communication transparente. Ceci notamment lorsque la décision médicale est délicate ou lorsqu'il est établi que le patient n'a pas sa place en réanimation eu égard à son état de santé. « Cela doit être dit explicitement », lit-on, tout comme doit être évoquée la part d'imprévisibilité qui cerne pratiques et situations. Une telle transparence devrait éviter aux patients et aux familles de douter du bien-fondé d'une décision. Et de (sur) – interpréter une situation à l'aune des représentations tragiques diffusées dans les médias.
L'Observatoire souligne la pertinence de « médiateurs » entre familles et équipes, pour être les garants d'une fin de vie digne et mettre des mots sur les (derniers) moments ravis aux proches. Ces médiateurs (psychologues, professionnels des soins palliatifs ou des coordinations de prélèvements, externes, médiateurs transculturels) peuvent transmettre des messages, via des vidéos, photos, courriers, ou cahiers entre les différentes parties prenantes du drame. Photographier un patient hospitalisé voire décédé peut se justifier si la famille y consent. Mais la transmission du cliché devrait être précédée d'une description de la part d'un professionnel, suggèrent les experts.
Des rites pour éviter les deuils pathologiques
Rappelant que l'annonce d'une mort est le « point d'impact du choc », l'Observatoire invite les soignants à être attentifs aux conditions dans lesquelles elle se fait, pour prévenir le risque de deuil pathologique. Il les exhorte à répondre aux questions des familles, d'autant plus pressantes que l'incompréhension et le sentiment d'injustice dominent, tout en étant attentif à la singularité de chaque histoire, de chaque départ.
L'Observatoire insiste enfin sur l'importance des rites et symboles, y compris dans l'immédiat. L'accompagnement spirituel ou religieux peut avoir toute sa place dans une société sécularisée, lit-on aussi.
Une fois le confinement passé, viendra le temps des cérémonies individualisées. Et d'un hommage national, espère l'Observatoire.
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