C’est bien de la prise de tabac, de l’inoffensive prise de tabac de nos aïeuls qu’il s’agit. Une Suissesse, nous rapporte le Dr Blondel, prisait, comme dans la chanson, comme plusieurs Suisses. Elle achetait son tabac par petits paquets, enveloppés d’une feuille d’étain destinée à le garder frais ; ce sont ces feuilles qui servent chez nous à envelopper les tablettes de chocolat et que les enfants qualifient somptueusement de « papier d’argent » ; en réalité, elles sont faites d’un alliage d’étain et de plomb, où ce dernier est en proportion d’autant plus forte que le fabricant désire faire de plus beaux bénéfices ; c’est dire qu’il ne s’y trouve souvent que du plomb presque pur, avec juste ce qu’il faut d’étain pour que la feuille ait gardé une certaine consistance.
La pauvre Suissesse faisait un trou, avec ses doigts, dans le paquet gisant au fond de sa poche ; la feuille métallique s’y émiettait un peu plus à chacun de ses gestes et donnait une poudre qui se mélangeait au tabac.
L’examen d’un paquet posthume, trouvé chez elle, montra que le « papier d’argent » de l’enveloppe renfermait 89 % de plomb. Le tabac lui-même en contenait jusqu’à 1,75 % ; La malheureuse prisait, en réalité un mélange très riche en plomb et elle a succombé à une intoxication saturnine aiguë.
Conclusion : les priseurs doivent se méfier de ce joli « papier d’argent » qui pare l’objet de leur faiblesse. La tabatière, l’antique tabatière, a toujours du bon ; sachons la conserver.
(Chronique médicale, 1913)
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