Vaccination anti-Covid

Une étude en vie réelle confirme la diminution d'efficacité du rappel vis-à-vis d'Omicron

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Publié le 25/02/2022
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Selon des données de vie réelle publiées par Santé publique France, les vaccins anti-Covid ne protègent que partiellement contre les infections à Omicron symptomatiques, même après le rappel. Des données qui ne remettent toutefois pas en cause l’efficacité de la vaccination contre les formes graves.

Crédit photo : TripleP Studio/ Adobe Stock

Les capacités d'Omicron à échapper à l’immunité vaccinale se confirment. Telle est la conclusion de Santé Publique France, qui a publié le 24 février, de « premiers résultats [sur] l’efficacité en vie réelle de la vaccination pour la prévention des infections symptomatiques » dans l'Hexagone.

Préciser la perte d'efficacité réelle des vaccins en France

Des données de vie réelle relatives à la moindre efficacité de la vaccination contre les formes symptomatiques d'infection à Omicron étaient déjà disponibles à l'étranger depuis plusieurs semaines. Mais l'exercice n'avait jamais été fait en France jusqu'à présent et l’étendue exacte de cette perte d’efficacité restait à préciser . 

Pour combler ces lacunes, l’agence a conduit une étude cas-témoins en appariant des données de tests PCR ou antigéniques (issues de la base SI-DEP) avec des données de vaccination (issues de la base VAC-SI) enregistrées entre janvier 2021 et janvier 2022 et concernant les Français de 12 ans et plus. « L’efficacité vaccinale contre les infections symptomatiques a été estimée en comparant la proportion de personnes vaccinées chez les personnes infectées (les cas) et les personnes non infectées (les témoins) », explique l’instance.

La primovaccination efficace à moins de 20 % après 3 mois

Résultat : globalement, l’arrivée d’Omicron s’est bien soldée en France par une chute significative de l’efficacité de la primovaccination par l’ensemble des vaccins disponibles dans le pays. De fait, si 8 à 30 jours après l’administration de la seconde dose, la vaccination permettait d’éviter 92,3 % des infections symptomatiques dues au variant Alpha, ce chiffre diminuait déjà jusqu'à 84,5 % avec Delta, pour tomber finalement sous la barre de 70 % avec Omicron.

Sans surprise, cette perte d’activité s’accentue avec le temps. Aors que trois à quatre mois après primovaccination complète, l’efficacité des vaccins restait supérieure à 86 % contre Alpha, elle n’atteignait déjà plus que 63,5 % contre Delta, et dépasse à peine 20 % contre Omicron.

Ce chiffre global cache toutefois des différences de performances entre les vaccins. En effet, parmi les vaccins à ARNm – les plus utilisés à l’heure actuelle –, Spikevax (vaccin Moderna) ferait légèrement mieux que Comirnaty (vaccin Pfizer), « en particulier chez les personnes de 50 ans et plus », précise Santé publique France. De fait, contre Omicron, trois à quatre mois après primovaccination complète, l’efficacité de Spikevax atteindrait 27,4 % - contre 19,8 % pour Comirnaty.

Restauration partielle de l'efficacité avec le rappel

Malheureusement, « le rappel rétablit un niveau de protection élevé contre le variant Delta mais la restauration de l’efficacité contre le variant Omicron n’est que partielle », déplore Santé publique France. En effet, deux à quatre mois après l'administration, le rappel ne permettrait d'éviter que 50 % environ des infections symptomatiques à Omicron – contre 90 % avec Delta.

Au total, ces résultats « confortent les conclusions en faveur d’un échappement immunitaire important du variant Omicron pour la prévention de l’infection SARS-CoV-2 symptomatique ». Toutefois, aux yeux de Santé publique France, ils n'apparaissent pas suffisants pour douter de l’intérêt de la vaccination. Car ils « ne remettent pas en cause les données en faveur d’une protection élevée conférée par le rappel contre les formes graves dues au variant Omicron ». En effet, la DREES ne semble pas signaler de recrudescence des hospitalisations chez les personnes ayant reçu un rappel.


Source : lequotidiendumedecin.fr